Tylor. Civil, primil. I
classes inférieures pratiquent-ils encore Tabandon bestial (les cadavres; quant aux morts de qualité, ils sont parfois inhumés, le plus souvent incinérés; mais on enterre souvent les os après la crémation*. A Siam, les cadavres des pauvres sont jetés sans cérémonie dans le fleuve*. Fréquemment, avant de procéder à l'incinération, les riches coupent en menus morceaux les parties molles du cadavre et les offrent aux vautours et aux chacals; ce qui est manifestement une survivance, attestant Tancienne coutume de Tabandon. Les os, brûlés, pulvérisés, sont pétris, avec les cendres, en figurines de Bouddha et deviennent des dieux lares^ A Siam encore, il est d'usage d'inhumer les femmes mortes en état de grossesse; mais on a soin de monter la garde près de leur tombe; car les sorciers du pays pourraient bien extraire le corps du fœtus et en composer des charmes extrêmement puissantsS etc., etc. Ces quelques faits suffisent à établir, qu'en Indo-Chine le sous-sol animique persiste encore bien solide sous l'alluvion bouddhique.
Dans la région septentrionale de l'aire si vaste occupée par la race mongolique, on trouve aussi des peuplades tartares, fortement empreintes d'animisme primitif et conservant encore nombre de pratiques usitées chez les Esquimaux d'Asie et d'Amérique. Il semble bien que ces populations aient conservé jusqu'à nos jours la primitive religion des races mongoliques.
U. — PRIMrnVE RELIGION DES ESQUIMAUX ET DES TARTARES
Les Esquimaux paraissent tout à fait dépourvus de ce que nous appelons « la religion des morts ». Ainsi les