‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 243 sur 555 · Steller. Loc. cit. II · texte numérisé non relu

Steller. Loc. cit. II

244 UÉYOLUTION RELIGIEUSE.

Toutes CCS croyances, d'ailleurs sans originalité, constituent un terrain très favorable au développement de la sorcellerie, qui forme en effet le trait caractéristique de Tanimisme chez les Esquimaux. Tous attachent une grande importance aux songes*. Tous ont des amulettes ordinairement faites en peau et certains de ces talismans donnent à leur porteur la faculté de prendre à volonté la forme de ranimai, de la peau duquel ils ont été tirés. D'autres gri-gris appelés « tulipak » équivalent au double de Tanimal, qui les a fournis. Si Ton a, par exemple, le tulipak d'un ours, c'est-à-dire une image d'ours taillée dans la peau de la bêle, il suffit de charger celte image d'aller mettre à mort un ennemi, pour qu'un ours en chair et en os exécute Tordre donné*.

Mais, pour être efficaces, ces précieux talismans doivent être fabriques par des sorciers. Le sorcier joue en effet un rôle capital dans la vie des Esquimaux. Les Kamtchadales n'avaient pas encore de sorciers professionnels; mais toutes leurs femmes étaient sorcières, habiles à interpréter les songes, à faire des conjurations, a guérir les malades% etc. Chez tous les autres Esquimaux, il existe ou il existait des sorciers, les uns vulgaires, les autres sorciers en titre ou angekoks. Ces derniers s'imposaient une initiation volontaire : un temps de retraite, des jeûnes, après lequel ils finissaient par avoir des visions, des convulsions. Au Groenland, le sorcier novice invoquait et priait le grand esprit Torngar- 8uk ou Tornasouk, qui finissait par lui apparaître et mettre à sa disposition un esprit gardien, un tomgark ou tornak^y dont l'assistance faisait vraiment de lui un angekok^ une espèce de prêtre, qui même pourchassait et exterminait les

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