SlcUer. Loc. cil. Il
4. Crantz. IHsL of Greenland^ \, 210. — Riuk. TaUé and Tradiliom, etc.
sorciers non initiés, excerçanl illégalement le métier*. — Vangekok est souvent appelé près des malades, et alors, pour se mettre en relation avec son esprit gardien ou familier, il se livre à des simagrées diverses. Tantôt il agite rapidement sa tcte à droite et à gauche pendant un certain temps; tantôt il met simplement ses doigts dans sa bouche et reste immobile, causant durant ce temps avec son esprit familier; enfin il donne réponse aux intéressés*.
Mais Tangekok a de bien autres pouvoirs. Au Grœnland» il sait exciter ou calmer les orages, éloigner ou attirer les veaux-marins, etc. '. A Test de la région américaine hyperboréenne, chez les Koniagas, Esquimaux mélangés, le sorcier s*appelle chaman, comme en Sibérie ; c'est rhommc-médecine, le sorcier spirituel de sa tribu. Pour exorciser les méchants esprits, qui possèdent les malades, le chaman des Koniagas prononce des incantations, se sert d'un tambourin magique, parfois se précipite sur le palicnt, fait mine de saisir de ses mains l'invisible esprit et Fexpulse. Souvent ce sorcierprôtre a, quand il officie, des aides des deux sexes*. Ce sorcier koniaga représente exactement le sorcier sibérien, dont il porte même le titre, et cette similitude ne peut guère s'expliquer que par la commune origine.
Sauf l'extrême développement de la sorcellerie, de ce que Ton a appelé le chamanisme, tout cela n'est que de l'animisme ordinaire et, comme d'habitude, les indigènes ont une foi robuste dans le bien fondé de leurs illusions. Ce ne fut pas chose aisée que de gagner les Grœnlandais au christianisme. « Nous l'avons invoqué, votre dieu, disaient-ils aux missionnaires, quand nous manquions de vivres, quand nous étions malades, et rien ne nous montre qu'ils nous ait
i. Rink. Loc. cit.
2. Parry. (Deuxième voyage). NUL univ. voy. vol. XL, 412-417.