‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 246 sur 555 · Prichard. Hisl. nalur. de l'homme^ II · texte numérisé non relu

Prichard. Hisl. nalur. de l'homme^ II

U RELIGION DES MONGOLS ET MONGOLOÏDES ASIATIQOES. 247

implique celles de toutes les illusions animiqu^s, que nous avons rencontrées partout, et tout d'abord la croyance aux doubles, à la survivance après la mort.

La survivance, dont on doute le moins en Mongolie, est celle des chamans et des grands. Les premiers, ordinairement enterrés sur des collines, deviennent de malveillants esprits*. Dans Topinion des Mongols, les doubles des chefs restent dans le pays et sMngénient aussi à nuire. Pour les apaiser, on leur fait des offrandes, des sacrifices*.

Les rites funéraires des Mongols n^ mades sont souvent sauvages, surtout pour le vulgaire; ainsi l'abandon des cadavres sur les collines ou dans les ravins est très ordinaire'. Seuls, les riches, les grands, sont brûlés dans une sorte de fourneau pyramidal. Après rincinèralion de ces privilégiés, leurs os sont recueillis, pulvérises; la poudre en est mélangée avec de la farine et forme une pâte, que Ton pétrit en sorte de gâteaux. Puis ces gâteaux sont déposés dans une tourelle funéraire, dont un chaman a désigné l'emplacement*.

Pour les rois, les rites funéraires sont plus compliqués encore et moins innocents. Ces pasteurs des peuples ne sont pas brûlés. Du temps de Marco-Polo, on les portait cérémonieusement en terre et, sur le passage du convoi. Ton tuait toutes les personnes que Ton rencontrait en leur disant : € Allez servir votre seigneur dans l'autre monde ». On égorgeait aussi le meilleur cheval du défunt, afm que celui-ci eût une bonne monture dans la Tartarie de l'au-delà. Marco- Polo parle de royales funérailles, qui avaient ainsi coûté la vie à plus de 20 000 personnes*. Ces morts de princes entraînent d'autres immolations encore. Le cadavre est, en effet,

i. Timkowski. Hist. univ, voy. vol. XXXIII, 537.

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