Lubbock. Orig, cioilis. 3i
lA RELIGION DES MONGOLS ET MONGOLOÏDES ASIATIQUES. 249
les Tarlares à réclamer l'intervention et le secours du sorcier, du chaman. Le chaman vient près du malade, comme exorciste, et aussi pour protéger l'ombre du mort contre les méchantes entreprises des esprits. Ceux-ci, en effet, sont toujours aux aguets, prêts à s'emparer des doubles humains au moment de la mort. Seul, le chaman, qui connaît très bien ces esprits malveillants, peut les amadouer, faire avec eux des conventions amiables, sauver le double de son client. Les chamans ne s'occupent point des esprits bienveillants*; à quoi bon? ce sont des êtres dont on n'a rien à redouter. Parmi ces esprits débonnaires ils classent le dieu des chrétiens*.
Outre les esprits ou ombres des morts, les Tartares ont des dieux mythiques de diverses sortes. En premier lieu, ils honorent des dieux pénates, peut-être ancesiraux, notamment l'idole d'Orgon, faite de toiles rouges et de haillons, que les femmes implorent, à qui elles font des offrandes'. Marco-Polo a déjà signalé l'existence, chez les Mongols, d'une idole du même genre. Cette idole s'appelait alors Natagay; sa fonction consistait 5 protéger les enfants, les troupeaux et les biens. Fait de feutre et de drap, Natagay avait une femme et des enfants de même étoffe. Au moment des repas, on frottait la bouche de ces dieux pénates avec de la viande bien grasse et on répandait à leur intention du bouillon devant la porte*. Chez les Tartares ces dieux familiers ne sont pas les seuls. Chaque horde nomade a ses divinités, auxquelles elle fait des offrandes et des sacrifices, souvent des sacrifices de moutons, de boucs, de bœufs. En outre, chaque montagne a son génie et son cairn entassé sur le sommet à rinlention de ce génie. Sur cette cime on se prosterne, on
i. Gmelin. HUt, univ. voy. vol. XXXI, 269.