‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 250 sur 555 · Prcjevalsky. Mongolia^ I · texte numérisé non relu

Prcjevalsky. Mongolia^ I

européens Iravçrsant le pays; mais au-dessoiis du Pouddhisme, persiste un vieux fonds de croyances primitives, avec lequel a dû se marier la religion de Cakya-Mouni. C'est même ce vieux fonds animiquc, qui a donné au Bouddhisme Ihibétain sa physionomie spéciale, qui en a fait le Lamaïsme. Pour la plupart, les vieilles croyances mongoliqucs se reirouvent au Thibel. Ainsi les morts sont habituellement abandonnés à la dent ou au bec des animaux de proie*. L'abandon est même devenu rituel et Ton porte les cadavres sur le sommet des montagnes pour les y faire dévorer*. Parfois on a soin de dépecer au préalable les corps, pour faciliter la besogne aux corbeaux, aux vautours', aux chiens qui aident souvent les oiseaux de proie et suivent assidûment toutes les funérailles*. Or, nous nous savons que la coutume de l'abandon bestial des cadavres est essentiellement d'origine mongolique.

Il en est de môme pour les mythes, et l'animisme primitif n'a nullement désarmé devant la religion du Bouddha Chaque montagne du Boulan et du Thibet continue à avoir son génie spécial, son devvla, dispensant à son gré sur le pays environnant les biens et les maux, plus volontiers les maux, particulièrement les maladies'. Aussi, pour ne pas irriter ces esprits dangereux, il faut de toute nécessité, quand on arrive sur le sommet d'une montagne, jeter une pierresur un cairn ou mômç y déposa une pièce de monnaie à titre d'offrande*. On va jusqu'à célébrer, sur ces cimes hantées, des cérémonies religieuses et à planter sur les cairns des drapeaux blancs, qui neutralisent la colère des devvtas, toujours irrités

i. Turner. Amhastade au Thibet ^ I, 290.

Page 1