Ibid
pontiflcale semblent en effet calquées Tune sur l'autre*. Comme Tétait le pape, le Talé ou Dalaï-Lama est à la fois un chef religieux et un chef politique. En théorie, la toute-puissance législative, executive et administrative réside dans ses seules mains^ Le titre de Dalaï-Lama signifie le lama omnivoyant, auquel rien n'échappe'. En fait cependant ce pape thibétain est surtout le chef religieux et il a, à côté de lui, un Pan-lchou-Lama ou Teschou-Lama qui se charge de l'administration civile et politique. Pas d'administration militaire; car les Thibétains ont une telle foi dans le pouvoir de leur dieu tcrrestri», qu'ils ne croient pas nécessaire d'entretenir des armées pour la défense du pays*.
LeBoutan, pays limitrophe, est exactement organisé comme le Thihet, seulement son pape religieux s'appelle D'herma- Rajahy et son pape civil, Deb-Rajah.
Tous ces demi-dieux cléricaux sont infaillibles, comme les papes romains ; mais ils ont sur ces derniers un inappréciable avantage : ils sont immortels. Leur mort apparente est simplement une transmigration. Quand ils semblent s'éteindre, leur double ne fait que déménager, quitter simplement une enveloppe usée pour se réincarner aussitôt dans le corps d'un enfant. Toute la question consiste donc à retrouver et reconnaître l'Enfant-Dieu. Cette tâche est bien facilitée, quand, avant de mourir, le pontife a ou soin d'indiquer la localité où il avait l'intention de reprendre pied dans ^existence^ L'identité entre l'ancien lama et le nouveau s'affirme d'ailleurs par divers signes, notamment en ce que l'enfant reconnaît ses amis d'autrefois, les objets qu'il avait possédés et se souvient des volontés qu'il avait exprimées durant son existence anté-
i. Le père Hue. Voy. dans la Tartane, II, 279.