Voyage au Boutan, etc. Loc. cit
une Icltrc des plus curieuses, dont je ne puis malheureusement citer que quelques conrls fragments : « // (le Pan-tchou Erteni) changea tout à coup de demeure.... Le cœur plein de chagrin et les yeux baignés de larmes, je me tendis au temple jaune, où je brûlai moi-mômc des parfums en l'honneur du Pan-tchou Erteni.... Je sais bien qu'il est indifférent pour le Pan-ichou Erleni d'aller et de venir. Malgré cela, quand je songe qu'il a fait un long et pénible voyage dans l'intention d'honorer par sa présence mon Ouan-chéou (chaque dixième annîvei*saire de la naissance) et qu'après être venu jusqu'ici, il n'a pas pu retourner, comme je l'espérais, dans le lieu qu'il habitait ordinairement j je ne puis m'empècher d'être pénétré d'une amère tristesse*.»
La place me manque pour décrire le fasle religieux qui entoure le Dalaï-Lama. Je dirai seulement en passant que ce pontife habite près de Lhassa une sorte de Vatican, aux toils dorés, qui, avec les bàliments attenants, compte, dit-on, dix mille chambres, le plus souvent occupées pardes lamas d'ordre inférieur. — On n'approche du Dalaï-Lamay dieu terrestre, qu'après neuf prosternations, et c'est un bien grand bonheur de toucher du front la plante de ses augustes pieds. Mais j'ai maintenant à parler du clergé lamaïque et de son organisation ; car le Grand Lama n'est que le chef d'une très nombreuse classe de religieux répandue dans le Thibet, le Boutan et la Tartarie.