VI. — LE CLERGÉ LAMAÏQUE
Le clergé lamaïque est surtout monastique, mais il forme une vaste classe hiérarchisée, dont le Dalaï-Lama est la tête. Ce saint personnage est un pape-roi, gouvernant tout le Thibet sous la suzeraineté nominale de la Chine. Comme nous
\. Turner. Loc. cil. Appendice, I.
256 L'ÉVOLUTION UELIGIEUSE.
Tavons vu, le Dalaî-Lama est secondé par un collègue aussi sacré que lui, mais s*occupant plus de radminislralion civile (Pan-Tsin-Erdeni). Viennent ensuite les cardinaux, les Houlouktousj dont celui d'Urga, chef religieux de la Tartarie, est le principal. Les autres sont dispersés dans toute la lamaïcité, et il y en a une centaine en Mongolie. On en trouve même jusqu'à Pékin*.
Les provinces thibélaines sont gouvernées par des Lamas- Uouiouktous, auxquels le Dalaï-Lama donne Tinvestiture et qui sont de vrais princes guerroyant même souvent entre eux*. Les Ilouiouktous confèrent des grades religieux à l'armée cléricale, qui est au-dessous d eux et qui comprend quatre degrés : Kamba, Hehlung (Gelung), Uehtsul et Bandi. Chaque degré a son habit distinctif, ses règles, sa place marquée dans les cérémonies. Dans ce clergé hiérarchisé, on ne monte en grade qu'après un examen portant sur la connaissance des livres bouddhiques, et les Houtouktous eux-mêmes doivent passer par la série des épreuves réglementaires. Les lamas du premier degré (kamba) confèrent les grades audessous du leur'.
Les gros bataillons de celte vaste classe cléricale sont monastiques et comprennent une très notable portion de la population. En effet, rien que dans les trois provinces de Ouiy de Kzang et de K'ham il existe 3 000 couvents, gouvernant chacun leur petit district. Ces 3000 monastères logent 84000 religieux*, et il est certains couvents qui abritent jusqu'à 3000 moines'.
Tous les lamas, petits et grands, sont extrêmement vénérés, et partout on les reconnaît à leur robe jaune et à leur tête
i. Préjevalsky. Mongolia^ I, 76.