‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 258 sur 555 · Hue. Loc cit · texte numérisé non relu

Hue. Loc cit

entre les intéressés, les funérailles sont religieuses. Ce sont les lamas qui découpent les morts et en jettent les débris soit aux chiens (ensevelissement terrestre), soit aux vautours (ensevelissement céleste). Or, en rémunération de ce grand service, ils reçoivent la moitié des biens mobiliers du défunt. (Turner, Hist. Univ. voy. vol. XXXI, 454).

J'ai parlé tout à Tlicure des régénérations des lamas. C'est qu'en effet, tous les lamas de marque jouissent, comme le Dalaï-Lamay de la faculté de se réincarner. Il en est même qui ont, à ce qu'on affirme, passé par huit ou dix naissances connues. Quand un de ces saints hommes vient à mourir, c'est-à-dire à transmigrer, on lui conserve son bien pendant un délai de huit années, et si, durant ce laps de temps, on découvre le nouveau corps qu'il a revêtu, on remet lionnetement à ce régénéré les biens conservés en dépôt*. D'ordinaire, c'est l'autorité supérieure de Lhassa, qui donne avis de la réincarnation au couvent intéresséV

Il est impossible de n'être pas frappé de la grande ressemblance entre les ordres monastiques du Lamaïsme et ceux du Catholicisme. La similitude est augmentée encore par l'existence d'ermites lamaïques, de moines contemplatifs, vivant dans de solitaires retraites, souvent dans les montagnes, parfois dans des réduits inaccessibles où ils hissent avec des cordes les aumônes dont ils vivent, ressuscitant ainsi les mœurs et pratiques des anachorètes de la Thébuîde^. 11 n'est pas rare, au Thibet, de voir des hommes abandonner tout à coup des postes honorables et lucratifs, pour se retirer dans un coin solitaire, s'y bâtir eux-mêmes un ermitage et vivre de la vie contemplative*. — J'aurai à revenir sur ces mœurs si curieuses en parlant du Brahmanisme et du Bouddhisme.

i. Vereschagin. SouvenirSf 121-214.

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