‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 259 sur 555 · VII. — LE CULTE LAMAIQUE · texte numérisé non relu

VII. — LE CULTE LAMAIQUE

Pour la première fois, dans noire course à travers les religions, nous en trouvons une qui se rapproche des grandes religions dites supérieures, de celles que nous sommes habitués à entendre vanter comme résultant des plus puissants elTorts de la pensée humaine. En effet, le Lamaïsme n*est qu*une dérivation, une déviation du Bouddhisme, que nous étudierons bientôt. C'est une religion d'origine aryenne, mais altérée, accommodée aux goûts mongoliques. Son culte nous rappelle donc quelque chose de connu, de « déjà vu », comme disent nos littérateurs modernes. Cependant par certaines exagérations ce culte nous étonne; il outre l'absurdité. — Au fond, pourtant, il ne diffère pas de tous les autres cultes du monde. Il s'agit toujours d'honorer, de séduire les êtres divins, supposés très puissants, en usant d'offrandes, de prières, de toutes /es pratiques qui les peuvent flatter ou toucher : nécessairement tout culte consiste à faire sa cour à des rois invisibles. Cette invisibilité a bien des inconvénients. Elle accorde un champ trop libre à l'imagination des iidèles; elle risque aussi de laisser indifférents ceux qui n'ont pas d'imagination ; aussi Ton tâche ordinairement de faire voir l'invisible, en fabriquant des idoles, des images saintes. Dans les temples et hors des temples du Thibet, on trouve des statues du Bouddha, dans l'attitude sacramentelle. Le Médiateur est représenté, accroupi à l'orientale, la main droite appuyée sur sa cuisse, le pouce renversé sur la paume de la main. Le bras gauche fléchi est accolé au corps ; la main est ouverte et le pouce dans l'extension forcée, afin de toucher le haut de l'épaule. Les yeux baissés et à demi clos indiquent la contem* plation intérieure ^ Dans les tentes tari ares, les statues du

Page 1