Burnouf
vages OU barbares sont d'une essence très peu relevée et ne se distinguent de celles des populations les plus inférieures que par la place prédominante faite 5 la sorcellerie, c'esl-àdire par Texagération d'une grossière erreur. On a prétendu et l'on prétend encore quelquefois, que certaines illusions sont respectables, parce qu'elles sont utiles; mais qui oserait élever une telle prétention à propos du Chamanisme des Tartares et des Esquimaux ou do leur animisme rudimentaire? Les enfantines imaginations de ces peuplades au sujet des esprits, de la vie future, etc., ne sauraient certainement favoriser en rien leur progrès intellectuel ou moral : il n'est pas douteux au contraire qu'elles n'y fassent très sérieusement échec.
Au point de vue particulièrement anthropologique, à celui de la psychologie des races, ce qu'il faut relever chez les Tartares, c'est la pauvreté de l'imagination mythique. Dans le fond et dans la forme, leurs illusions religieuses sont plates, terre à terre. Avec combien plus de grâce se sont trompées des races très peu civilisées, par exemple les Polynésiens! La religion des Tartares indique une race, dont Timpi'cssjonnabililé est faible, l'imagination sans ailes. Remarquons, pour finir, que les peuples tartares se sont montrés incapables même d'adopter intelligemment le Bouddhisme, qui leur est venu de l'Inde; ils n'en ont vu que les petits côtés et ont fait de la doctrine de la transmigration une application des plus sottes. En résumé, le Lamaïsme Ihibétain n'est qu'une caricature de la religion bouddhique. — Mais, pour en finir avec la mythologie des races jaunes, il nous reste encore à étudier les plus civilisées des nations, qu'elles ont réussi à constituer : le Japon et la Chine.