Ibid
non plus. Les temples, fort nombreux, sont desservis par des laïques et entretenus par des dons et legs ou des subsides accordés par le Mikado\ Souvent les temples ou mias renferment des idoles ; mais ils en sont quelquefois dépourvus. Les divinités japonaises sont cependant conçues sous une forme très matérielle. Ainsi à la porte de beaucoup de temples est suspendue une cloche, qu'en entrant les fidèles mettent en branle, afin de réveiller le dieu ou la déesse et de fixer son attention*. Dans les temples (mias)^ on fait des offrandes de thé et de saki. Les jours de fête, on offre du riz, du poisson, du chevreuil. Autrefois on a pratiqué des sacrifices humains. Souvent les fidèles font des offrandes en pleine campagne. Les gorges des montagnes, les caps du rivage ont leurs génies, auxquels on offre des aliments.
Les Kamis sont très souvent des ancêtres ou des grands personnages déifiés. Après leur mort, les empereurs du Japon deviennent presque tous des dieux, des Kamis^, De leur vivant même les mikados, images et descendants des illustres ancêtres divinisés, jouissent d'un prestige divin et ont la faculté d'enrichir le Panthéon de leur pays, en canonisant l'esprit de tel ou tel personnage vénéré et en lui faisant bâtir un temple, un mia^.
Pourtant les dieux japonais ne sont pas tous ancestraux. L'animisme tout à fait grossier a créé, au Japon comme partout, un grand nombre d'êtres divins. Ainsi les trombes sont animées par un dragon d'eau, pourvu d'une longue queue et qui s'élève dans Tair en volant*; les tremblements de terre sont causés par une grosse baleine, qui se traîne sous le sol. Le renard loge en lui un esprit malveillant et même les