Sinibaldo de lias. Loe. cit
LA RELIGION EN CHINE ET AU JAPON. *i73
Dans les pays civilisés, le deuil rituel, de pure forme, est la survivance affaiblie, le symbole volif des blessures ou mutilations funéraires des premiers âges. En Chine, ce deuil est relativement rigoureux. Pour un père ou une mère, il dure trois ans, durant lesquels on ne doit rendre aucune visite, ni exercer aucune fonction publique*.
Le culte des ancêtres est aujourd'hui encore une vivante relique du passé animique de la race. Seulement les Chinois contemporains ont remplacé les grossières idoles anceslrales des Mongols par des tablettes, sur lesquelles on se contenle de gi'aver les noms des aïeux. Les pauvres placent ces tablettes funéraires sur une planche ou dans une niche. Les riches ont une sorle'de chapelle ancestrale, où ils pratiquent des cérémonies rituelles, brûlent des parfums*, ou même ils offrent aux mânes des festins auxquels ils invitent leurs amis^ Dans ce sanctuaire, les descendants vont gravement donner avis aux ancêties de toute entreprise importante, de toute faveur reçue, de tout malheur subi *. Pourtant, après la cinquième génération, la tablette d'un ancêtre ne reçoit plus de culte ^, et c'est la pratique des sauvages, qui ne s'occupent plus des doubles de leurs morts au bout d'un certain laps de temps.
iî. — LES DIEUX PRIMITIFS
On parle souvent et je parlerai bientôt moi-même de Tindifférentisme religieux des Chinois ; mais ce détachement mythologique est loin d'être général. Les dieux animiques des 'lointains ancêtres continuent à trôner dans le cerveau de beau-
\, Hue. Lùc.' cit. H, 255.