Tiéle. Loc. cit
SOUS la surveillance d'un des six ministres*. Aujourd'hui encore l'empereur annonce aux esprits tous les événements importants (Douglas, 80). Autrefois on recourait en même temps à la magie : « J'ai, dit un empereur, délibéré avec mes ministres et gens. Les esprits ont acquiescé. La tortue et le gazon ont été consultés. )» (Douglas, 80.)
En dehors des génies classés, sérieux, ayant pignon sur rue, il en existe une foule d'autres. Certains esprits succubes ou incubes tourmentent les nouvelles mariées et les maris fidèles. Certains autres prennent un malin plaisir à briser la vaisselle, à fermer la nuit avec fracas les portes et fenêtres. Heureusement cette plèbe des esprits est d'une extrême poltronnerie; on la met facilement en fuite par le bruit des pétards, le son éclatant du gong, des cymbales ^
A côté de tous ces dieux si primitifs, la croyance en la magie a tout naturellement subsisté. Longtemps il a existé des magiciens, devins évocateurs, qui étaient à la fois des fonctionnaires ^ Aujourd'hui, au contraire, le code édicté des peines contre les magiciens, mais cela même prouve que la croyance à la sorcellerie est encore très vivante. Cette croyance est d'ailleurs en parfait accord avec toute cette religion archaïque, et surtout avec l'idée vulgaire et très répandue en Chine que les maladies sont l'œuvre de malveillants esprits ^ ce qui est une opinion absolument sauvage.
A tous les dieux ou esprits, dont je viens de faire une énumération très incomplète, il faut ajouter les hommes distingués, par leurs talents, leurs vertus, leurs services et qui sont devenus les patrons des villes et des villages. C'est lempereur, qui, comme le Mikado du Japon, accorde par décret la sainteté à ces mânes notables, souvent pris parmi ceux des
1. Tiele. Loc. cit. 46. — Sinibaldo de Mas. Chine et puitêanceschrctUnneê, 1,80.
2. J. de la Graviëre. Voyage en Chine, I, 280. 5. Tiele. Loc. cit. 45.