J. de la Gravière. Loc. cit
276 L'ÉVOLUnON RELIGIEUSE.
sages et des guerriers célèbres*. Ainsi le dieu de l^agricuUurc, que l'empereur honore chaque année en conduisant la charrue près de son temple, est un dieu anceslral*. On fait aussi des offrandes à Chinnoug, le dieu de la cuisine, qui a enseigné aux hommes à faire cuire leurs aliments (Milne, Loc, cil, 135). Kouang-ti, le Mars chinois, que les mandarins militaires ont Fobligation d'adorer, serait aussi ancestral'. Ce dieu Kouang-ti prend une part efficace aux batailles ; il apparaît même de temps en temps aux troupes impériales; aussi, après la défaite des Tai-ping, Tempereur régnant, Hianfoung, crut devoir récompenser le Mars chinois de ses bons services en décrétant qu'à l'avenir il serait honoré à l'égal de Confucius*.
Je citerai encore, après le Mars des Chinois, leur Plutus, le dieu des richesses, adoré naturellement avec une grande ferveur et auquel, à la fin de chaque année, les marchands font des offrandes, quand leur balance est favorable^ Ce dieu a élé adopté par les taoïstes. Les bouddhistes, eux, ont introduit en Chine un culle sentimental, celui d'une déesse indienne, la déesse de la Pitié, protectrice des infortunés, el que l'on représente tenant un enfant dans ses bras, comme la vierge Marie des catholiques. Cette divinité est surtout la déesse tutélaire des femmes et spécialement des femmes grosses ou en travail d'enfant*.
Le large polythéisme ou polyanimisme des Chinois comporte un grand nombre d'idoles et les Chinois du peuple traitent ces idoles comme des éti*es vivants, exactement à la manière des nègres d'Afrique. Quand une idole tarde trop à