Miinc. Loc. cil
exaucer les vœux de ses adorateurs, ceux-ci la batlent ; puis s'excusent auprès d*elle, en lui disant : « Tu as été un peu lente à nous accorder notre demande... ; mais, si tu veux oublier le passé, nous allons te dorer à neuf »*. — Tout ce qui précède suffît grandement à établir, que les croyances animiques des âges primitifs subsistent toujours dans le Céleste Empire ; le gouvernement en a môme fait un culte offîciely mais plutôt par respect pour le passé que par conviction. En effet, aucun clergé n*est attaché aux temples de ces dieux primitifs, qui, aux yeux des Chinois éclairés, sont plutôt des monuments commémoratirs'. Au reste, à moins de graves raisons d^État, la tolérance religieuse est la règle du gouvernement chinois. A Tabri de cette tolérance, divers cultes étrangers se sont introduits en Chine et une religion indigène s'y est fondée. Cette religion, que j'ai maintenant h examiner, c'est le Taoïsme.
m. — J.E TA01S3IE
Laou'lze, le fondateur du Taoïsme, naquit, l'an 604 avant J.-C, au village de « la Bienveillance opprimée », paroisse de la « Cruauté », district de « l'Amertume », État de la « Souffrance »'. De son vivant, il ne joua aucun rôle important et fut gardien du Trésor ou des Archives, peut-être du Musée Impérial.
Dans la pensée de son fondateur, le Taoïsme fut surtout une doctrine métaphysique. Le mot taoïsme vient de tao ou taou. La première signification du mot taou est « la voie» , d'où Ton a tiré des sens dérivés : « La vraie ligne de con-