Douglas. Confucianisme et TaoUme
278 L*ÉVOLUTION REUGIEUSE.
duite 9» la « raison ». C'est pourquoi les taoïstes sont appelés taO'Sse ou docteurs de la raison. Confucius se sert constamment du mot taou^i les bouddhistes remploient avec le sens « d'intelligence ». — Pour Laou-tzey le taou est un premier principe, d'ordre métaphysique. Cause et effet de tout, le taou est sans forme ; mais il produit la forme. 1x3 taou est l'associé du Ciel ; il s'identifie même avec le Ciel, il est vide. On ne sait de qui il est fils et il est antérieur aux esprits, qu'il inclut d'ailleurs en lui. C'est lui qui a créé le ciel et la terre ; il est à la fois le Ciel-esprit et le Ciel-matiére ; il est la mère de toutes choses; il pénètre l'impénétrable, produit tout, nourrit tout» contient en puissance toute vie: <c au commencement était le taou »*.
Laou-tze n'eut qu'une foi médiocre dans l'existence des esprits ; il admit seulement des esprits d'ordre inférieur, que le sage savait dominer '. De son vivant on peut, selon Laou-tze, s'identifier avec le taou ; mais ce retour au principe suprême n'est pas l'extinction; c'est la rentrée du fini dans l'infini'. Pour arriver à celte absorption, Laou-tze formula toute une doctrine de morale ascétique. Il s'agit de s'effacer, de dompter son égoïsme, de refréner ses désirs ambitieux, de réformer le peuple par son exemple. « Rendez le bien pour le mal. — Veillez aux commencements. -— Détruisez les germes. — Tenez vos lèvres closes et aussi vos yeux et vos oreilles ; par là vous éviterez le chagrin. — Gardez-vous de tous les excès, de la gaieté, de l'éclat. — Soyez chastes ; mais ne châtiez point ceux qui ne le sont pas. — Avant tout, il faut se maîtriser*. » — Ce code ascétique n'est pas spécial à la Chine ; nous le retrouverons, magistralement exposé, dans les livres sacrés de l'Inde.