Hue. Loc. cit. n
maux et même pour les plantes, la piété filiale, la pitié pour les orphelins et les veuves. Ils veulent que Ton se réjouisse du succès d'autrui. Ils condamnent la pratique de Favortement et dcTinfanticide. Il ne faut, disent-ils, jamais séparer le mari et la femme, qui sont unis comme la chuir et les os. On doit être exempt d'envie. Il ne faut jamais tromper sur la marchandise, etc., etc. Pour la punition des actes coupables, ils ont imaginé un curieux système de sanctions pénales. Sur la terre et dans le ciel, dos esprits observent les fautes des hommes et les punissent, mais dans cette vie seulement. L'homme est libre et les conséquences suivent les actes, « comme l'ombre le corps ». Chaque faute abrège la durée de la vie, de la vie terrestre, au minimum de cent jours; mais il y a telle grosse faute, qui fait perdre d'un seul coup douze années d'existence. La punition du coupable est parfois indirecle. Ainsi, pour punir un homme d'avoir amassé des biens mal acquis, les esprits font mourir un nombre plus ou moins grand, suivant les cas, de ses femmes et de ses enfants*. Voilà pour le châtiment des fautes. Les bonnes œuvres reçoivcnt]des récompenses de même ordre. Non seulement la vie de l'homme de bien n'est pas abrégée, mais il peut acquérir l'immortalité soit sur la terre, soit dans le ciel. La chose est naturellement difficile. Pour devenir immortel sur la terre, il faut posséder à son actif trois cents bonnes actions; il en faut mille trois cents pour acquérir l'immortalité céleste.
Dans sa morale comme dans sa métaphysique, le Taoïsme est un curieux mélange de sagesse et de folie, de raison et d'insanité. Hais, par son côté animiste et spiritiste, il est tout à fait à la portée des intelligences peu développées, aussi atil eu un certain succès près du populaire. Au contraire le Confucianisme est une religion de lettrés, dans laquelle les considérations de morale pratique dominent tout le reste.