Tlele. Loc. cit
280 L'ÉVOLUTION REUGIEUSE.
est un sage dénué de toute originalité, un « transmetteur », comme il le dit lui-même ^ L'audace n'est pas son fort; c'est le plus terre à terre des moralistes. Peut-être ne croyait-il guère aux esprits; mais il s'est bien gardé de le dire. Seulement il a pris soin de rabaisser la puissance des esprits animiques. « Il faut, dit-il, respecter les esprits, mais les tenir à distance»; en ne les révérant point, on mécontente le C\e\ qui peut punir.
Le Ciel, Chang-li, très ancienne divinité chinoise, a commencé par être un dieu personnel, régnant dans l'azur, gouvernant les éléments ainsi que les trônes et les empires. En l'an 2697 av. J.-C, Chang-li avait un temple. Le souverain lui offrait en sacrifice, sur une colline, un premier-né et l'on invoquait son secours dans toutes les circonstances graves. Puis, au fur et à mesure des progrès du rationalisme, la personnalité de Cliang-ti s'effaça, perdit ses contours, finit par se confondre ayec le ciel azuré» impersonnel ^ Pourtant Chang-ti est encore au pinacle du Panthéon officiel et l'empereur l'adore dans l'altitude d'un sujet. Au Ciel, seul, on offre un bâton de jade bleu, emblème de la souveraineté, et en même temps des holocaustes'.
Pour Confucius, le Ciel est quelque chose comme la Providence chrétienne, une puissance cachée, qui prescrit, mais ne dirige pas. C'est par le Ciel que tout vit, que les êtres humains se perfectionnent. Le Ciel est un feu subtil, éthiéro ; il entend et voit tout ; il récompense les bons et punit les méchanls; il tolère les souverains médiocres, mais renverse les tyrans. Il faut se conformer aux lois du Ciel. Pour quiconque développe le côlé idéal de sa nature, le Ciel dispose d'une longue vie, de la richesse, des honneurs. En obéissant aux