‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 288 sur 555 · J. de la Gravière. Voy. en Chine^ I · texte numérisé non relu

J. de la Gravière. Voy. en Chine^ I

lité ridée de la mort qui affole, dans notre Occident, la foule des dévots. « Le naître et le mourir, disent les Chinois, sont également dans les lois naturelles. C'est le jour qui fait place à la nuit ; Thiver qui succède à l'automne*. » Offrir à son père un beau cercueil, bien travaillé, est une marque fort prisée d'amour filial*. D'autre part, les fils conservent volontiers, à la porte de leur maison, le cercueil de leur père mort, sans que personne s'en émeuve '. Les approches de la mort ont rarement, pour les Chinois, les affres cruelles qui rendent si hombles les derniers moments des Occidentaux. Dans le Céleste Empire, on meurt avec quiétude, sans secousse, comme on est né. Le missionnaire, qui me fournit ces détails, attribue lui-même cette fin paisible à l'indifférence religieuse \ et il n'a pas tort.

Si le Christianisme a été persécuté en Chine, s'il est encore impatiemment toléré, c'est uniquement parce qu'on y voit une doctrine politiquement dangereuse*. Pour tout culte qui ne les inquiète pas, les Chinois sont d'une tolérance parfuife. Leur politesse veut môme que l'on fasse toujours l'éloge de la religion d'autrui*. « Croyez-vous à Jésus-Christ ? demandait un missionnaire anglais à un bonze bouddhiste, qui avait patiemment écouté un long sermon de l'étranger. — Certainement. — Mais comment y croyez-vous? Êtes-vous convaincu? — J y crois parce que vous me le dites' .» — L'indifférence religieuse des Chinois se résume dans une brève maxime populaire: « Les religions sont diverses; la raison est une; nous sommes tous frères* ». Admirable lieu commun, qu'il

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