‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 304 sur 555 · D. — LA RELIGION DES ÉGYPTIENS I. — LES RITES FUNÉRAIRES · texte numérisé non relu

D. — LA RELIGION DES ÉGYPTIENS I. — LES RITES FUNÉRAIRES

Tant d^hommcs distingués ont, dans tous les pays civilisés, étudié avec le plus grand soin les croyances religieuses des Égyptiens, qu'il sérail présomptueux de les vouloir résumer en quelques pages, si Ton n'y apportait une méthode capable de tout rajeunir : la mélhode comparative et évolutive. Je n'essayerai donc point d'exposer en détail la mythologie égyptienne, mais simplement d'en indiquer les origines, d'en marquer les phases, et je commencerai naturellement par les rites funéraires.

A ce sujet, il faut noter tout d'abord deux grandes analogies avec les coutumes des Guanches : l'usage des pyramides funéraires, pour les souverains et l'embaumement. Il est vraisemblable, que les rites funèbres, relatifs aux sépultui*es des rois, se sont modiliés plus lentement que ceux des simples particuliers. Mais la pyramide égyptienne peut être regardée comme un perfectionnement du tumulus guanche, surtout si on la fait dériver des grandes sépultures des rois numides, qui subsistent encore en Algérie et qui s'écartent bien moins de la forme du tumulus, par exemple, du fameux Tombeau dit de la Ch7^étienne. Avec raison, M. Maspéro voit dans la pyramide un tumulus régularisé*; le fait est démontré par l'évolution funéraire à Memphis, où, à l'ouest, dans la ville des morts, les rois eurent d'abord des tumulus, puis des pyramides existant au nombre de soixante dix sur le plateau rocheux*

Pour les sépultures vulgaires, les Égyptiens, malgré leur fétichisme funéraire, faisaient beaucoup moins de façon que

i . Maspéro. Uitloire ancienne des peuples de V Orient, 58. 2. Duiicker. Egyptiens 101 102.

L'EGYPTE ET LES RELIGIOriS BERBÈRES. 507

pour les sépultures distinguées. On enterrait ces cadavres* de peu tout uniment dans le sable, sans cercueil et à peine à un mètre de profondeur. C'était sans doute les équivalents de ces gens de rien, que les Guanches se contentaient de déposer dans des cavernes. A Mcmphis et à Thèbes, on a largement appliqué, cependant avec plus d'industrie pour les particuliers, Tensevelissement guanche dans les cavernes. Mais, comme il n'existait pas de cavernes nalurelles à Thèbes, on en faisait d'artificielles en creusant dans la roche des chambres funéraires, des galeries, des puits, etc. A Thèbes, les rois euxmêmes ont des tombeaux ainsi excavés et l'on en compte quarante'. Aux défunts, qui n'étaient pas tout à fait indigents ou de caste servile, on constiluait, en Egypte, un domicile funéraire économique, une petite chambre rectangulaire grossièrement bâtie en briques jaunes. Le mobilier funéraire de cette chambre se composait uniquement de quelques vases en terre, contenant des provisions pour le voyage d'outretombe*. Ce dernier trait est tout à fait primitif et nous allons le voir pei*sisler, en se symbolisant, pour les sépultures des gens riches. Les cadavres de ces derniers étaient livrés, comme chez les Guanches, à la corporation des embaumeurs, lesquels commençaient par extraire la cervelle à travers lec narines à l'aide d'un instrument recourbé en fer, puis, aves un pieiire dite éthopienney ils incisaient le flanc du mort et lui enlevaient les entrailles. Ensuite, après avoir lavé la cavité abdominale, l'avoir remplie de parfums broyés, ils recousaient l'incision. Pour terminer, le cadavre était desséché, pendant soixante-dix jours, dans du natron; puis il était lavé de nouveau, entouré de bandelettes de lin, placé dans un cercueil ayant forme humaine et enfin dressé contre la paroi de la chambre sépulcrale. Tel était l'embaumement

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