‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 307 sur 555 · Hérodote · texte numérisé non relu

Hérodote

310 L'ÉVOLUnOiN tŒLIGIEUSE.

moins pour certains individus» plus rituelles que réelles; car les riches, nous raconte-t-on, faisaient placer dans la salle de leurs joyeux banquets l'image en bois sculplé d'un cadavre dans un cercueil et le sculpteur, s'adressant aux convives, leur disait : < Vois celui-ci; bois et sois en joie; tel tu seras après la mort **. Mais c'étaient là sans doute les doctrines de quelques épicuriens antérieurs à Épicure. Pour la masse des Égyptiens, l'homme possédait réellement un double et il finit même par en avoir plus d'un. A l'époque la plus ancienne, l'être humain se composait seulement d'un corps et d'un double (ka), exacte effigie du corps, mais fait d'une matière plus subtile, quoique colorée. Puis l'on quinlessoncia : le corps de l'homme fut censé contenir un double atténué, un oiseau impalpable (Bi, Baï) ou une parcelle de flamme ou de lumière (khou), la « lumineuse ». Mais, comme les Égyptiens étaient essentiellement conservateurs, leurs dévots ne renoncèrent point au double primitif (ka) ; ils se contentèrent de lui surajouter les doubles d'invention plus récente (Di, Baï, Khou)y de sorte que tout Égyptien finit par posséder plusieurs doubles, esprits ou âmes*.

Pour survivre à sa dépouille mortelle, le double, du moins le double primitif, avait besoin d'un corps sérieux. Sans doute on faisait bien le possible pour lui conserver celui qu'il avait quitté ; mais, pour plus de sûreté, on fabriquait en bois ou en pierre des suppléants à ce corps momifié. Ces statues, ces corps de rechange, multipliaient, pour le double du défunt, les chances de durée ; aussi avait-on soin de les sculpter aussi semblables que possible au mort et d'en entasser un grand nombre dans la chapelle funéraire'. Grâce à ces précautions, le double avait à sa disposition plus d'un

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