Bunsen. .4Cgypten, V, IF
Si cette sentence etail défavorable, le condamné était expédié en enfer et cet enfer se subdivisait en soixante-quinze districts gardés par des démons armés de glaives. Les ombres coupables sont peintes sur les fresques et gravures en couleur noire. Elles sont suppliciées par des tortionnaires de couleur rouge. On les hache à coups de glaive ; on les pend la lôte en bas. Il y en a qui sont décapitées; d'autres, que Ton fait bouillir dans des chaudières el qui, par une amère dérision, tiennent à la main un éventail pour se rafraîchir*, etc., etc. Les scorpions, les serpents piquaient et mordaient ces ombres damnées, réduites à se nourrir d'aliments immondes. Enfin, après mille tortures, les doubles réprouvés arrivaient à la vraie mort, à l'anéantissement final' : leur supplice n'était pas éternel. C'est bien cerlaincment cet enfer égyptien, qui a été le prototype de celui du Christianisme.
Un sort bien différent était réservé aux ombres des justes. A ces ombres élues les juges remettent la plume d'autruche, talisman avec lequel elles traversent impunément le monde inférieur pour rejoindre « le plus haut des dieux ». Ensuite les voyageuses arrivent dans les campagnes de Rû, le dieu-soleil, et là elles ont la joie de contempler face à face ce dieu puissant. Les peintures nous montrent ces âmes bienheureuses menant une vie très analogue à la vie terrestre, coupant du blé avec des faucilles, cueillant des fleurs et des fruits, se baignant et nageant dans un bassin. Râ leur parle et les encourage à se distraire'. Les ombres élues se mêlent à la troupe des dieux et marchent avec eux en adorant le dieu du soleil*. Une dernière épreuve attendait ces esprits bienheureux; c'était parmi eux que le dieu choisis-