‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 313 sur 555 · Maspéro. Loc. cit · texte numérisé non relu

Maspéro. Loc. cit

sait les âmes des rois. Les ombres ainsi élues devaient done se réincarner sur la terre; mais si, dans ce nouvel état, elles honoraient les divinités et rendaient leurs peuples heureux, elles rentraient dans le divin séjour, cette fois pour l'éternité*.

On voit combien, sans changer essentiellement, Tidée très grossière du double survivant à la mort s'est agrémentée, compliquée, soudée aux mythes divins; comment surtout elle est devenue la sanction de la morale. Telle est, partout où la civilisation se développe, révolution ordinaire; mais elle n'est pas toujours aussi facile à suivre. Si la tâche est relativement aisée en Egypte, cela lient à l'esprit conservateur de la race qui embaumait ses croyances comme ses morts. Pour ce qui concerne les mythes proprement dits, les dieux, il est également facile, et pour la même raison, de remonter à leurs origines.

m. — LES DIEUX

Nous venons de voir qu'en Egypte, le culte des morts, des doubles, ne différait que par les accessoires des grossières illusions que se font, au sujet de la survivance après la mort, les sauvages de tout pays et de toute race. Or, les dieux proprement dits, les mythes, ont la même racine animique. Ce sont ou des animaux divinisés, ou des dieux mal dégagés de l'animalité et en ayant plus ou moins conservé les formes, même quand ils sont devenus la personnification chimérique des forces de la nature. L'adoration des animaux, en Egypte, tenait de très près à l'animisme félichique, très analogue et si florissant encore chez les nègres d'Afrique.

Chaque localité révérait son animal sacré, qui, nous dit

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