Duncker. Égyptiens
consacrés chacun à une divinité spéciale, ou plutôt des dieuxanimaux, personnifications mythiques, prototypes de Tespèce, avaient fini par être enfantés par Timagination échauffée des dévots. Le scarabée était consacré à Plah; Tibis à Thoth; le chien et aussi le cynocéphale et le chacal, à Anubis; Tépervier, à Rà et à Iloros; le chat, àPacht; le vautour, à Moût: le bouc, h un dieu phallique, Chcm; le crocodile, à Set, etc. Le taureau était dédié à Ptah, Rà, Osiris, aux déesses de la conception et de renfautement, Neith, Hathor, Isis. On n'immolait pas les vaches dans les sacrifices, mais bien les taureaux, pourvu cependant qu'ils réunissent certains signes*.
Les animaux sacrés commencèrent par être adorés pour eux-mêmes, puis seulement comme la demeure de telle ou telle divinité*. Des spécimens choisis de ces animaux sacrés él aient élevés et choyés dans les temples de dieux correspondants. Clément d'Alexandrie raconte qu'au fond de sanctuaires splendides, derrière des rideaux, des chats, des serpents, des crocodiles se vautraient sur de superbes tapis de pourpre\ On lit dans Slrabon, comment les prêtres nourrissaient leurs crocodiles avec du poisson grillé, des gâteaux, une boisson au miel. Deux desservants ouvraient la gueule de l'animal; le troisième y jetait les aliments*.
Quiconque avait l'heureux malheur d'être tué par un crocodile était pieusement embaumé par les soins des habitants de la localité^; mais tuer, de parti pris, un animal sacré était un acte sacrilège et puni de mort. L'animalicide accidentel s'expiait au prix d'une pénitence imposée par les prêtres. Pour le meurtre volontaire ou accidentel d'un chat ou d'un ibis, le meurtrier était parfois lynché par le peuple. Sous