Hérodote, II
Plolémée Aulèle, un Romain, qui avait tué un chat, fut, malgré les elTorls du roi, assailli à Alexandrie même, dans sa maison, et mis à mort*. Tuer une vache ou simplemenl manger de sa chair faisail encourir Tanathéme. On raconic, dit Diodorcque, durant une famine, les Égyptiens pratiquèrent l'anthropophagie plutôt que de loucher aux animaux sacrés*.
Certains animaux étaient l'objet d'une vénération spéciale, particulièrement le bouc de Mcndès, qui était « l'âme d'Osiris », le phénix d'Héliopolis, le bœuf Mnévis « l'àmc de Râ » et le bœuf Apis ou plutôt Hapi, de Memphis. La mort du bœuf Apis était pleurée pendant 70 jours; quoiqu'on ne laissât jamais l'animal vivre plus de 25 ans. On embaumait son corps avec le plus grand soin et l'on a trouvé dans une galerie souterraine soixanfe-quatre momies d'Apis remontant jusqu'au XVI* siècle avant J.-C. Le bœuf Apis était un animal divin; Ton croyait qu'un rayon de soleil avait fécondé la vache qui l'avait enfanté : nouvel exemple d'immaculée conception. A la mort du bœuf Apis son double passait simplement dans le corps d'nn autre taureau. Les inscriptions des sarcophages appellent le bœuf Apis « l'Osiris rendu à la vie^ ». Comme cet animal procédait aussi dePtah, on l'appelait simultanément « la vie de Ptah* ». Semblable en ce point au pape Ihibétain, le bœuf Apis était donc un être toujours réincarné, par suite immortel.
Tout cela n'est en définitive que du félichismequinlessencié. La conception première des dieux égyptiens non animaux est tout aussi grossière. En Egypte, comme en Judée, on se figurait le ciel comme une masse liquide séparée de la terre par un firmament solide. Les planètes étaient des génies à formes humaines ou animales, voguant en barque sur l'océan céleste
i. Diodorc, I, 8Î.
î?. Ibid, 84.