LE JUDAÏSME ET LES RELIGIONS NÉSOPOTAMIENNES
Toutes ces religions sont astrolàtriques et toutes ont des dieux analogues, à cAté desquels siègent des divinités particulières, sans doute locales. La place me manque absolument pour exposer, même brièvement, toutes ces croyances. D'ailleurs le but de ce livre est^ non pas de faire l'histoire détaillée de toutes les religions, mais dénoter à grands traits les points principaux de révolution religieuse dans toutes les races humaines. — Je dois môme me borner à rappeler en passant ce que les Phéniciens avaient fait du culte de Baal et de sa femme Tanity leurs sacrifices d'enfants, leur prostitution sacrée, leur culte d'Adonis, etc. ^ Pour me renfermer utilement dans mon sujet, je parlerai surtout de la région chaldéennc.
C'est sur les vieux cultes animiques des primitives populations de la Chaldée, des Sumériens et Âccadiens, que se greffa la religion chaldéenne. Les Accadiens croyaient à l'existence d'esprits malfaisants, divinités inférieures, au-dessus desquelles siégeaient des dieux animiques : un dieu du ciel (Ana, Anna) dont la résidence était dans les étoiles fixes, un dieu de la terre et des eaux {Ea ou Hêa), un dieu du feu (Gtbil), des dieux du soleil (Sama) et de la lune (Sin), des dieux de l'orage et de la tempête, etc. *.
Le Panthéon chaldéo-assyrien adopta sans difficulté beaucoup de ces dieux ^ Mais les idées des premiers Chaldéens n'étaient pas plus raffinées que celles des Accadiens et leur manière de se figurer la terre et le ciel n'était pas plus intelligente que celles de nos sauvages contemporains. La terre revêtait dans leur imagination la forme d'une de ces barques rondes, figurées dans les bas-reliefs et en usage encore chez les tribus du Bas Euphrate. — Cette barque terrestre était renversée et creuse en dessous. Ce creux de la terre, c'était
i. Tieie. Manuel hUt. rclig. 119, 120. — Maspero. Loc. eit, 343.