H. Spencer. Sociologie, I
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menl les débris, qui servaient soil d'amulettes, de préservatifs contre la maladie, soit de gages de succès à la chasse ou à la guerre, ce qui indique aussi la foi en un animisme spiriiique*.
Sur le sort réservé aux défunts dans k vie future, les opinions des Tasmaniens variaient nolablemeni. Ils ne doutaient point de la survivance des ombres ou esprits; niais ils semblaient redouter très fort ces mânes de leurs proches, si Ton en juge d'après la coutume, existant d'ailleurs dans d'autres contrées, de ne plus prononcer le nom des défunts, et, comme, en pays sauvage, les noms d'hommes sont habituellement des noms de choses ou de qualités, de changer par suite, dans leur langue, le mot qui avait servi à désigner le décédé*. L'idée que se faisaient les Tasmaniens de la vie future n'avait rien que de consolant : ils espéraient, après la mort, chasser avec une ardeur extrême et un succès certain dans la Tasmanie de l'au-delà \ Dans celle Tasmanîe des ombres, beaucoup d'insulaires espéraient même revivre à l'état d'hommes blancs et ils semblent avoir eu cette croyance avant la venue des Européens, dans lesquels môme ils crurent d'abord reconnaître les ombres de leurs morts. On a supposé que cette idée, à première vue singulière, avait une cause très simple, le fait que la chair de leurs compatriotes écorchés prenait en rôtissant une teinte blanche. Or, les Tasmaniens faisaient souvent celte expérience, car ils étaient cannibales.
La sorcellerie tasmanienne était encore dans l'enfance. On ne cile qu'une seule pratique de magie en usage parmi ces iMélanésiens ; c'était une sorte d'envoûtement; pour la pratiquer, il suffisait de se procurer un objet quelconque ayant appartenu à un ennemi, d'envelopper cet objet de graisse et de l'exposer au feu: la santé du propriétaire de la chose ainsi