Ibid, Sect. Vm, Lect IV, Hymne V
406 L'ÉVOLUTION REUGIEUSE.
la force créatrice, Manou, symbole de la pensée humaine, YamUf le dieu de la mort, qui est, et cela est naturel, le fils de VivaswatSetc, mais ces mythes métaphysiques tiennent au total peu de place dans le Yéda, dont les grandes divinités sont Indra et Agni, d'une conception moins difficile pour le vulgaire. Partout le populaire forme nécessairement la masse des dévots et partout aussi il est rebelle aux abstractions quintessenciées. Son esprit a la vue courte et marche au but par le chemin le plus simple : il lui faut des dieux à la taille de son esprit.
ra. — LE CULTE
Un bon nombre d'hymnes consacrés aux cérémonies, au culte, montrent combien était naïf et grossier l'animisme des Aryas védiques. Ce sont les hymnes, dans lesquels on divinise non seulement la liqueur des libations, le somay mais même le mortier qui sert à broyer la plante sacrée. La liqueur fermentée de VAsclepias acida est promue au rang des dieux. Dans le soma réside une sorte de double divin, que l'on invite à venir dans le foyer*. Le soma est un roi; il aime les louanges et peut préserver de la mort'. Il est pur, il est sage, etc.*. Les mortiers broyeurs eux-mêmes reçoivent des prières*.
Les hymnes ne nous laissent pas le moindre doute sur le sens et le but des offrandes et des libations de soma. Rien de moins compliqué. Le soma étant un breuvage exquis et capiteux, il faut en offrir aux dieux, les enivrer si c'est possible, puis profiter de la circonstance pour obtenir des
i. E. Burnouf. Le Vida, 300,-392.