‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 413 sur 555 · C. — LES RELI0I0N8 ET LES RACES · texte numérisé non relu

C. — LES RELI0I0N8 ET LES RACES

Le rapide résumé que je viens de faire des croyances religieuses chez les races sauvages de Tlnde contemporaine et chez les Aryas védiques, c'est-à-dire chez les aborigènes actuels et chez ceux d'autrefois, ne nous apprend et ne saurait nous apprendre rien de bien nouveau au sujet de la mythologie générale. Chez les uns et chez les autres, nous trouvons le vieux fonds animique, commun à tout le genre humain durant les phases premières de son développement. Pourtant de cette confrontation des croyances nous pouvons tirer un enseignement: c'est qu'en religion, comme en toute autre chose, les races dites supérieures, c'est-à-dire moins lentement perfectibles, mettent déjà plus d^intelligence dans leur animisme.

Essentiellement, chez toutes les races peu développées, les croyances, les illusions dites religieuses, sont les mêmes ; toujours elles consistent à prêter à certains êtres ou phénomènes du milieu extérieur, surtout aux astres et aux accidents météorologiques, la vie et la pensée, une mentalité analogue à celle de l'homme. Sous ce rapport les aborigènes actuels et les Aryas védiques se ressemblent. Leur religion n'a guère de prétention morale. Les uns et les autres se figurent la portion de l'univers, qui frappe leurs sens, comme étant dominée et dirigée par des êtres, ordinairement in-

i. Big Vida. Section V, Lecture Hl, Hymne XIV, 1.

visibles, mais ayant les besoins, les idées, les caprices de rhomme; ils s*effbrcent donc de se concilier ces personnages puissants par des offrandes, des sacrifices, des prières, c'està-dire des sollicitations et des flagorneries. Mais les Aryas védiques et les aborigènes actuels procèdent différemment. Déjà les premiers savent revêtir leui^ conceptions grossières d'un manteau poétique; leurs divinités ont de l'éclat, de la grâce, des formes artistiques. Comme les Aryas védiques, les Oraons et nombre de sauvages actuels de l'Inde ont divinisé le soleil ; mais jamais ils n'ont été capables de composer le bel hymne à l'Aurore dont j'ai cité des fragments, et où l'on trouve déjà le sentiment mélancolique et philosophique résultant du contraste entre l'éphémère durée de l'homme et l'apparente pérennité des phénomènes astronomiques. Enfin et surtout, jamais les aborigènes de l'Inde actuelle n'ont soupçonné l'idée panthéistique, qui se formule déjà dans quelques hymnes védiques et qui est devenue la base des grandes religions fondées dans l'Inde.

Est-ce à dire qu'il faille considérer les aborigènes de l'Inde actuelle et en général les races dites inférieures comme inhabiles à tout progrès? Nullement. Ces races sont sûrement moins bien douées que ne l'étaient les Aryas védiques; mais, si la conquête étrangère ou telle autre circonstance n'avait entravé leur développement, elles auraient certainement évolué à leur manière, quoique avec une lenteur relative. Le changement en mieux ou en pire, le progrès ou le déclin, constitue la loi du monde organique et inorganique; mais cette transformation nécessaire est plus ou moins rapide. Si certaines races, certains peuples nous semblent immobiles, c'est que les conditions extérieures ou historiques, le milieu, la conquête, etc., les ayant paralysées pendant des milliers d'années, elles sont devenues, physiquement et intellectuellement, plus stables que les autres ; leur type s'est consolidé.

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On hérite en effet de la tendance à Timmobilité comme de la tendance au mouvement ; mais rien n'est immuable, et Tarchéologie préhistorique proclame hautement» que les races tenant aujourd'hui la tète du mouvement civilisateur descendent d'ancêtres très inférieurs» ayant» des milliers d'années durant» croupi dans la plus bestiale sauvagerie. — Ne désespérons donc pas des races inférieures et surtout ne les exterminons pas. Certaines d'entre elles pourraient» avec le temps» devenir la souche d'une, lignée qui vaudrait mieux que nous.

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