‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 417 sur 555 · Ihid · texte numérisé non relu

Ihid

G. Heber. Loc. cil. ÔOO.

m L'É¥OLUnON RELIGIEUSE.

croyances tout à fait sauvages, si ce n'est qu'elle les peut englober toutes dans sa vaste conception panthéistique.

C'est l'idée panthéistique en effet, qui est le fond du Brahmanisme proprement dit et même des sectes dérivées, du Sivaïsme, du Vichnouvisme. Ces sectes ont simplement donné la prééminence à tel ou tel des personnages divins, mais sans altérer la base même, la doctrine. Si les divinités sont seulement des manifestations et personnifications du Grand Tout, il est en effet assez indifférent d'adorer tel ou tel des personnages de la Trimurti ou trinité hindoue, Brahma, Vichnou ou Siva. Or, les plus anciens OupanichadSy c'està-dire les traités s'occupant de c ce qui est au-dessous de la surface », sont tous panthéistiqucs. Tous abolissent la personnalité; tous affirment que rien n'existe en dehors de l'être nécessaire, de « l'identique », avec lequel les hommes doivent aspirer à se confondre : « Tout ce qui existe dans l'univers, dit VOusa Oupanichad, doit être considéré comme enveloppé par le Grand Seigneur comme par un vêtement. Cet être est le seul existant, immobile, mais imprimant un mouvement plus prompt que la pensée.... Il meut et cependant est immobile; il est loin et pourtant proche; il est dans cet univers ^ »

Tous les Oupanichads s'accordent sur un certain nombre de points de doctrine : 1® L'âme est éternelle, sans commencement ni fin; 2"^ la matière, la substance de l'univers, est éternelle; 3"* pour agir, l'àme a besoin d'une enveloppe corporelle et d'être jointe à l'esprit {manas) ; 4^ l'union de l'âme et du corps produit la servitude et la misère; 5^ l'âme occupe divers séjours, à titre de récompense ou de punition, mais temporairement; 6"* la transmigration indéfinie de l'âme explique l'existence du mal dans le monde ^

i. Fragment cilé par Monicr Williams m llinduigm, Ai, 2. Monicr Williams. Uinduisme, 40.

. ; Cette métaphysique fondamentale du Brahmanisme, supérieure de fort' haut à nos petites métaphysiques d'Occident, s'acçof derait presque avec les données dernières de la science moderne, si Ton y voulait voir simplement l'unité de la substan(ié matérielle de l'univers, fluant, comme disait Bacon, en une infinité de combinaisons passagères. L'ensemble de la doctrine est exposé avec une grande noblesse d'expression dans un fragment du Mahabharata bien connu des Indianistes, dans la Bhogavad-GUay entretien supposé entre le dieu Krichna et le prince Kchatriya, Ârdjouna, qui, sur le point de livrer bataille aux Pandous, ses parents, recule devant l'horreur de cette destruction guerrière. Vaudra-t-il la peine de vivre, se demande-t-il, après la mort violente de tous ceux qu'il devrait aimer? Mais Krichna le rassure, en lui exposant en substance que rien ne se crée ni ne se perd. Sans que le fonds primordial s'altère en rien, toutes les choses visibles en sortent périodiquement pour y rentrer : c'est la grande loi de l'univers. L'intervalle entre cetle émanation et cette dissolution dure un kalpa (4320000000 d'années). A ce sujet, Krichna, forme de Vichnou, s'identifiant avec le monde, parle en ces termes : « Comme dans l'air réside lin grand vent soufflant saiis cesse de tous côtés, ainsi résident en moi tous les êtres.... A la fin du kalpa, les êtres rentrent dans ma puissance créatrice; au commencement du kalpa, je les émets de nouveau. Immuable dans ma puissance créatrice, je produis ainsi par intervalles tout cet ensemble d'êtres, sans qu'il le veuille et par la seule vertu de mon émanation* *. Dans une telle conception, qu'est-ce donc que Dieu? c Dieu, sans commencement et suprême, ne peut être appelé un être ni un non-être* Doué en tous lieux de mains et de pieds, d'yeux et d'oreilles, de têtes et de visages, il

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