Ibid
feu; je suis la victime... Je suis la naissance et la destruction.... C'est moi qui échauffe, qui retiens et laisse tomber la pluie. Je suis rimmortalité et la mort, Tétre et le non* être*. » Ce dieu panthéistique est donc bien réellement Tunivers ; mais Tunivers qui a conscience de lui-même, non point notre univers scientifique, sourd et aveugle, ignorant les incessantes transformations de sa substance.
Dans la Bhogavad-Gîta, le guerrier Ardjouna, émerveillé des révélations que lui fait son divin compagnon, Tâme du monde incarnée sous une apparence humaine, implore et obtient la faveur de voir le dieu sous sa forme réelle. Il en est naturellement ébloui et épouvanté : « 0 Dieu, je vois en ton corps tous les dieux et les troupes des êtres vivants et le seigneur Brahma assis sur le lotus et tous les Richis et les célestes serpents. — Je te vois avec des bras, des poitrines, des visages et des yeux sans nombre, avec une forme absolument infinie. Sans fin, sans milieu, sans commencement, ainsi je te vois. Seigneur universel, forme universelle'! » — < Tqus ces fils de Dritaràchtra avec les troupes des maîtres de la terre.... et ces fils du Cocher avec les chefs de nos soldats courent se précipiter dans ta bouche formidable. Quelquesuns, la tête brisée, demeurent suspendus entre tes dents'. »
Après avoir ainsi contemplé Têtre des êtres et vu par avance, le résultat de la bataille qui va se livrer, c'est-à-dire le retour, par la destruction et la mort, de tous ces guerriers dans le sein du Grand Être, Ardjouna est saisi d'une horreur sacrée : « Ta grande forme, dit-il à Krichna, où sont tant de bouches et d'yeux, de bras, de jambes et de pieds, tant de poitrines et de dents redoutables : les mondes, éntla voyant, sontépouvanlés; moi aussi ». — « Car eh te voyant toucher la