‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 420 sur 555 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

422 L'ÉYOLUnON RELIGIEUSE.

nue et resplendir de mille couleurs; en voyant ta bouche ouverte et tes grands yeux étîncelants, mon âme est ébranlée ; je ne puis retrouver mon assiette ni mon calme, d Vichnou * ! » — « Depuis que j'ai vu la merveille que nul n'avait pu voir, la joie remplit mon cœur, mais la crainte l'agite. Montre-moi ta première forme, ô Dieu* ! »

C'est qu'en effet l'esprit, le double de l'univers peut, dans la conception brahmanique, s'incarner, quand il lui plait, sous forme humaine ; mais il ne s'y décide point par simple caprice. A ce qu'il semble, cet esprit ne demanderait pas mieux que de se reposer, sans forme spéciale, au sein du monde; malheureusement, à la fin de chaque kalpa^ l'intervention divine devient nécessaire. Car, à travers les quatre milliards trois cent vingt millions d'années de chaque période, le monde va dégénérant sans cesse, en passant par quatre âges successifs appelés Krita, Trela^ Dvapara et Kali. Le dernier âge, l'âge Kali, est le débordement de toute espèce de corruption. Plus de castes, plus de rangs, plus de Védas. Toute noblesse morale s'est évanouie. Le monde humain est alors dominé par un seul maître, le plus vi) de tous : l'argent. Les femmes, tombées au dernier degré de la dissolution, n'aiment que celui-là qui les paie. Le pouvoir politique est aux mains d'ambitieux pleins d'astuce. Les rois ne sont plus les pasteurs, mais les pilleurs de leurs peuples, qu'ils écrasent de taxes iniques. La propriété n'est plus respectée, parce qu'elle n'est plus respectable'. Alors la Divinité intervient, comme Krichna-Vichnou le déclare luimême à Ardjouna : « J'ai eu bien des naissances et toi aussi, Ardjouna : je les sais toutes, mais toi, héros, tu ne les connais pas. — Quoique sans commencement et sans fin

i. Dhagavad'GUa. Loc. cit. 147.

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