‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 423 sur 555 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

4 Ibid. 91.

LE BRAHMANISHE. 425

hoihmes ne sont pas vertueux, suivant la conception brahmanique, et tous n'ont pas le même destin posthume : < Celui, dit Krichna, qui, à Theure finale, se souvient de moi et part, dégagé de son cadavre, rentre dans ma sul)stance : il n'y a là aucun doute. Mais si, à la fin de sa vie, quand il quitte son corps, il pense à quelque autre substance, c'est à celle-là qu'il se rend, puisque c'est sur elle qu'il s'est modelé*. » Nous trouvons donc ici quelque chose d'analogue à lacté de contrition finale et parfaite qui, suivant la doctrine des chrétiens, peut, au dernier moment, décider du salut des âmes.

Mais il y a les pervers, ceux dont l'âme est inaccessible au bien : « Égoïstes, violents, vaniteux, licencieux, colères, détracteurs d'autrui, dit ,1e Dieu, ils me détestent dans les autres et en eux-mêmes. Mais moi, je prends ces hommes* haineux et cruels, ces hommes du dernier degré, et à jamais. Je les jette aux vicissitudes de la mort pour qu'ils renaissent misérables dans des matrices de démons. Tombés dans une telle matrice, s'égarant de génération en génération, sans jamais m'atteindre, ils entrent enfin dans la voie infernale. L'enfer a trois portes par où ils se perdent : la volupté, la colère et l'avarice*. »

Pourtant le Brahmanisme n'admet pas le fatalisme absolu. Dans une mesure plus ou moins large, il dépend de l'individu de se perdre ou de se rapprocher du but suprême, de l'Dnion avec Dieu. Sur ce point, la doctrine s'égare tout à fait et se perd dans le mysticisme. La vie de l'individu n'étant qu'un épisode de sa véritable existence, le but vraiment digne des aspirations du sage étant l'Union, l'absorption en Dieu, ce qu'on appelle les œuvres, est de nulle importance; h Science , la vraie science, c'est l'art de se détacher de loul, de mourir avant d'être mort. Ils s'égarent, ceux qui proposent le retour

i. Bhagavad-GUa, Loc. cit. 105.

2 Ibid. 197.

426 L'ÉVOLUTION REUGiEUSE.

à la vie comme prix des œuvres*. Le fruit des œuvres n'est qu'une chaîne, et il la faut rejeter*. Ce qui importe, c'est de se détacher des œuvres, bonnes et mauvaises, et de s'appliquer à la méditation, à l'Union mystique^. « Celui qui voit le repos dans Taclion et l'action dans le repos, celui-là est sage parmi les hommes ; il est en état d'Union, quelque œuvre qu'il fasse d'ailleurs^. » 11 faut devenir un sage, un Yôgî, c'est-à-dire « trouver en soi-même son bonheur, sa joie, sa lumière, 6(re sur le point de s'éleindre en Dieu, de s'unir à Tètre de Dieu\ »

La condition nécessaire de cette béatitude négative, c'est de se détacher du monde, d'amortir en soi tous les désirs. Il faut parvenir à vaincre ses sens, à tenir pour égaux le caillou, la natte de terre et l'or*. Suivent (oute une série de préceptes, formant une sorte de code mystique, dont on peut retrouver l'équivalent dans notre Imitation de J.-C. : « Que le Yôgî exerce toujours sa dévotion, seul, à l'écart, sans compagnie, maître de sa pensée, dépouillé d'espérance. — Que dans un lieu pur, il se dresse sur un siège solide, ni trop haut ni trop bas, garni d'herbe, de toile ou de peau; et que là, l'esprit tendu vers l'Unité, maîtrisant en soi Ja pensée, les sens et l'action, assis sur ce siège, il s'unisse mentalement en vue de sa purification. Tenant fermement en équilibre son corps, sa tête et son cou, immobile, le regard incliné en avant, ne le portant d'aucun autre côlé. Le cœur en paix, exempt de crainte, constant dans ses vœux comme un novice, maître de son esprit, que le Yôgî demeure assis et me prenne pour unique objet de sa méditation^ ». Le grand ennemi, c'est

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