Ibid
428 L'ÉYOLUTION BBUGIEUSB.
au monde ambiant ; dans nos langues occidentales, il n*y a qu'un mot pour désigner cet état de soi-disant perfection mystique : c'est l'idiotie; mais le Yogi < voit l'âme résidant en tous les êtres vivants, et, dans l'âme^ tous ces êtres, lorsque son âme à lui-même est unie par l'Union divine et qu'il voit de toutes parts l'Identité' »•
A la méditation mystique il n'est pas mal de joindre des privations et macérations, de régler la respiration, de retenir son haleine, de réduire les aliments nécessaires, d'offrir les choses mêmes de la vie' : « Ce que tu fais, ce que lu manges, ce que tu sacriGes, ce que tu donnes, ce que tu t'infliges, fais-m^en l'offrande* ». Par cet ascétisme mental et physique toute souillure s'efface, tout péché se rachète; il n'y a même plus de péché possible : < Ceux qui cherchent près de moi leur refuge, eussent-ils été conçus dans le péché, les femmes, les Yaicyas, les Coudras même, marchent dans la voie supérieure*. » — c Quand même tu aurais commis plus de péchés que tous les pécheurs, sur le vaisseau de la Science, tu traverseras tout péché* ». — t Celui qui, ayant chassé le désir, accomplit les œuvres en vue de Dieu, n'est pas plus souillé par le péché que ne l'est, par l'eau, la feuille de lotus* ».
Que ces doctrines se soient infiltrées dans l'ascétisme chrétien; ou bien que spontanément et par la force des choses, la folie mystique doive évoluer partout de la même manière, il est impossible de ne pas voir dans le quiétismc brahmanique le prototype de notre quiétisme français du xvif siècle, de celui de Mme Guyon.
i. Bhagavad-Gita. Loc. cit. 87.