Ramayana. Trad. Fauche, toi
m L'EVOLUTION RELIGIEUSE.
versel (Brahman) et tout ce qui semble avoir une existence indépendante est identique à cet esprit* Mais de cette doctrine panthéistique on n'a pas été embarrassé pour tirer un vaste polythéisme. Pour cela il a sufB d'admettre que l'être suprême se manifeste par d'illusoires apparences; cet être se joue dans les phénomènes, comme la lumière dans l'arc* en-ciel, et tous les objets plus ou moins visibles, en y complrenaùt les dieux, les démons, les demi-dieux, les bons et les méchants esprits, tes hommes et les animaux sont de simples émanations de l'être suprême : ils en émanent et seront réabsorbés en lui*.
Le nom donné à l'essence étemelle, c Brahman », signifie croissance, expansion, diffusion. L'échelle des êtres, dérivant de cette essence, aboutit à trois principaux personnages divins, formant la Trimurliei ayant chacun une femme, une sakii. Ces trois dieux sont indiqués par trois lettres formant une syllabe mystique et même magique, AUM, ou par contraction OM. La trinité est symbolisée par un triangle et chacun de ses membres est ordinairement désigné par une épilhète attributive : il y a le Créateur, le Conservateur et le Destructeur (Brahma, Vichnou et Siva); mais les personnages de la Trimourti ^uyeXit changer de fonctions, permuter entre eux : « Siva, Vichnou et Brahma peuvent être le premier, le second, le troisième des trois êlres bénis »'.
C'est la forme ondoyante et diverse du Brahmanisme ou plutôt de l'Hindouisme, qui a fait sa fortune. Sans peine chaque esprit, petit ou grand, large ou é(roit. y rencontre des idées et des dieux à sa taille. Les intelligences philosophiques y trouvent une métaphysique profonde; les polythéistes, un riche panthéon où ils n'ont que l'embarras du choix; les fétichistes y peuvent adorer des serpents, des poissons, des
i. Monicr Williams. Hinduism^ 11.