E. Burnouf. Science desreligiom» Ch. v. 137. Cli. i
Si le Bouddhisme dégénéré a notablement influé sur le Catholicisme, il a bien plus largement encore conlribué à modifier le Brahmanisme, avec lequel il s'est trouvé en rivalilé et en contact étroit. En eiïet, le Brahmanisme a fini par emprunter au Bouddhisme : l'abolition des sacrifices, une grande tendresse pour les animaux, une vive croyance à la transmigration et à l'efficacité émancipa trice des tapas ou mortifications, même une tendance à relâcher la tyrannie du système des castes. En efiTet, dans certains lieux de pèlerinage, les distinctions de caste s'oublient au moins en ce qui concerne les aliments et les repas. Finalement, de môme que les catholiques ont fait du Bouddha un saint, les brahmanes l'ont considéré comme une incarnation de Yichnou*. Dans l'Inde, les quelques bouddhistes, qui se sont refusés à toute fusion ou conciliation, ont formé une petite secte, celle des Jaïnistes'.
C'est en grande partie à cause de cette pénétration mutuelle des deux religions que le Bouddhisme a disparu de Tlnde ; il ne différait plus assez du Brahmanisme pour subsister à côté de lui, comme religion indépendante.
Vn. — GlUNDEUR ET FAIBLESSE DU PANTHÉISME INDIEN
Les trois religions indiennes que nous venons d'étudier, le Védisme, le Brahmanisme et le Bouddhisme, marquent les phases d'une grande évolution religieuse. Le Védisme est la souche animique d'où est issu le Brahmanisme, dont le Bouddhisme n'est que le développement. Ces trois religions sortent de l'ordinaire et ont un caractère commun. Elles