‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 464 sur 555 · Ibid. VUI · texte numérisé non relu

Ibid. VUI

tourmentées, par exemple celle de Tantales, plongée dans un lac jusqu'au menton, au milieu d'arbres fruitiers, dont les branches laissent pendre autour de sa tête des grenades, des oranges, des figues, des olives. « Et toutes les fois que le vieillard voulait les saisir de ses mains, le vent les soulevait jusqu'aux nuées sombres », les nuées du lladès: et c toutes les fois que le vieillard se penchait dans son désir de boire, l'eau décroissait absorbée et la terre noire apparaissait sous ses pieds et un daîmon la desséchait^ ». La roue d'Ixion, le rocher de Sisyphe, le tonneau des Danaîdes, se trouvaient aussi dans le Hadès.

VOdijssëe nous donne de curieux renseignements sur l'idée que se faisaient du Hadès et de ses légers habitants, les Hellènes protohistorîsques. — Le Iladès est un pays monarchique; Aidés et sa femme Perséphonéia y régnent. Par des offrandes convenables, on peut obtenir de ces sombres divinités qu'elles permettent aux doubles de sortir de l'Éi-ébos'; mais, pour recevoir de ces ombres des réponses, surtout des réponses vraies, il faut d'abord les alimenter, leur permettre de boire le sang frais el vivant d'un bélier et d'une brebis noire, sang recueilli dans une petite fosse qu'Ulysse creuse avec son épée'. Les ombres sont mélancoliques, très peu satisfaites de leur vie souterraine; elles ne comprennent pas qu'on quitte le monde ensoleillé, « la lumière de Hélios », pour venir visiter les morts « dans leur pays lamentable* ». Ces doubles ne sont que des êtres impalpables, de « vaines tôtes », des appai*ences. Trois fois, Odysseus essaye d'embrasser Tombre de sa mère et trois fois cette ombre se dissipe « comme un songe ». Pourtant les ombres peuvent boire le sang des victimes. Cela leur rend même une apparence de force, mais

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