‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 465 sur 555 · Ibiif. XI · texte numérisé non relu

Ibiif. XI

LE POLYTHÉISME GRÉGO-RONAIN. 471

bien insuffisante. Voici l'ombre d'Agamemnon, qui, c ayant bu le sang noir », retrouve une certaine vie : « Ayant bu le sang noir, il me reconnut aussitôt et il pleura, en versant des larmes amères, et il étendit les bras pour me saisir; mais la force, qui était en lui autrefois, n'était plus, ni la vigueur qui animait ses membres souples* ». — La mère d'Odysseus lui explique qu'après la mort < les nerfs ne soutiennent plus les chairs et les os, la force du feu ardent les consume aussitôt que la vie abandonne les os blancs et que l'âme vole, comme un songe* ». Rien ne vaut la vie au soleil, nous dit VIliade : c Les bœufs, les grasses brebis, les trépieds, les blondes crinières des chevaux, tout cela peut être conquis; mais Pâme, qui s'est une fois échappée d'entre nos dents (l'âme c'est le souflle), ne peut être ressaisie ni rappelée' ». — Odysseus, toujours un peu courtisan, se hasarde à complimenter Achille au sujet du rang honorable qu'il occupe parmi les ombres: < Vivant, nous, Akhaîens, nous t'honorions comme un dieu, et maintenant tu commandes h tous les morts. Tel que te voilà, et bien que mort, ne te plains pas, Akhilleus. — Je parlai ainsi et il me répondit: c Ne me parle point de la mort, illusti*e Odysseus! J'aimerais mieux être un laboureur et servir pour un salaire un homme pauvre et pouvant à peine me nourrir que de commander à tous les morts qui ne sont plus*. » Ce dédain matérialiste pour l'impalpable vie des ombres, un poète moderne, II. Heine, l'a aussi exprimé en paraphrasant la sortie d'Achille : « Ils disent que la gloire réchauffe noire tombe. Folies que tout cela! Mieux valent, pour nous réchauffer, les lourdes caresses d'une vachère amoureuse, etc.* ».

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