Odyssée, HI
ment de libations^ Avant de plonger le couteau dans le cou delà victime, on avait soin de répandre de Teau et des orges \
Les dieux helléniques étaient très friands de ces sacrifices et de l'odeur des victimes; ils se considéraient même comme ayant contracté une dette de reconnaissance vis-à-vis des sacrificateurs. Zeus déclare qu'il ne saurait oublier Odysseus, qui a offert tant de sacrifices aux habitants de TOuranosV Iris s'en va, joyeuse, au pays des Éthiopiens; car, dit-oUe, elle y prendra sa part de fréquentes hécatombes'. Parfois on sacrifie aux dieux, comme le faisaient les Âryas védiques, uniquement pour devenir riches, « pour ne pas vendre son héritage et acheter celui d'autruiS.
Au cours des siècles, le culte grec se compliqua, mais sans changer de nature. Des temples s'élevèrent, un sacerdoce s'organisa. Dans les temples importants, un grand prèlre avait sous sa direction divers fonctionnaires sacrés: le néocore, qui jetait l'eau lustrale sur les fidèles, des aruspices, des sacrificateurs, des hérauts, etc. Dans quelques familles aristocratiques, certains sacerdoces se transmettaient déjà héréditairement. Enfin on consacrait aux dieux et, par conséquent, à leurs ministres, une portion du butin guerrier, etc., etc. Â Athènes, le roi et les archontes eurent des fonctions sacerdotales^.
Je ne puis que rappeler en passant les sanctuaires célèbres, Delphes, Dodone, etc., où Ton rendait des oracles. L'oracle de Delphes en parliculier exerçait une véritable fonction politique; il prononçait sur les nouvelles institutions, les nouveaux cultes, les nouveaux jeux. La législation de Lycurgue eut même son origine à Delphes*. Le sanctuaire d'Eleusis avait