Tiele. Man. Hist, relig
promulgué trois lois morales, qui ont une allure bouddhique : < Honorer les parents. Offrir des fruits aux dieux. Ne pas faire de mal aux animaux* ».
La religion grecque ne s'est guère occupée des pénalités ou récompenses après la mort. La plupart des damnés de l'enfer hellénique, Tantale, Ixion, etc., sont punis pour avoir offensé les dieux. D'autre part, elle considérait l'homme comme asservi aux arrêts de la destinée ([AoTpa) *. Pourtant la religion ne se désintéressait pas de la morale pratique. Ainsi elle avait mis le serment sous la garde des Euménides, filles de la Nuit, bienveillantes aux bons, terribles aux méchants^. A Athènes, la Pitié divinisée avait un autel sur l'Agora; on avait aussi dressé des autels à la Pudeur, à la Renommée, à la Vigilance*. Enfin les vaincus, les proscrits, les esclaves trouvaient un refuge dans des asiles sacrés ; c'était, à Athènes, le temple de la Pitié, l'autel des Euménides ; à Antioche, le bois de Daphné; à Thèbes, l'asile de Cad mus, etc.
Cependant, le fanatisme hellénique n'était pas moins tyrannique que les autres. Une accusation d'impiété pouvait atteindre et frapper les citoyens les plus honorables. L'assassinat religieux de Socrate est célèbre; mais il ne fut pas le seul. Pour avoir éternisé son image et celle de Périclès sur le bouclier de Parthénosj Phidias fut jeté en prison et y mourut. Alcibiade fut accusé d'avoir raillé les mystères d'Eleusis et mutilé des Hermès % etc., etc. Le plus vénérable tribunal d'Athènes, l'Aréopage, jugeait les crimes d'impiété considérés comme exceptionnellement graves. C'est qu'il est bien difficile aux religions d'être raisonnables; cor elles ne sont point fondées sur la raison.