‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 476 sur 555 · B. — LE POLYTHÉISME ROMAIN 1. — LES HITES FUNÉRAIRES · texte numérisé non relu

B. — LE POLYTHÉISME ROMAIN 1. — LES HITES FUNÉRAIRES

Dans son ensemble, le polythéisme romain a tant d'analogie avec celui des Hellènes, que je le pourrai décrire très brièvement. L'imagination mythique des deux races était à peu près de même ordre, aussi la plupart des divinités grecques s'identifièrent sans peine avec des divinités romaines correspondantes.

Pour les rites funéraires, Grecs et Romains étaient partis des mêmes idées, qui d'ailleurs leur sont communes avec tous les peuples primitifs. A Rome comme à Athènes, l'homme avait son double. Au moment delà mort, le plus proche parent embrassait étroitement le moribond, l'accolait corps à corps, et tâchait de saisir au vol, de recevoir bouche à bouche l'esprit du mourant, qui s'exhalait avec le dernier hoquet de l'agonie*. Cette pratique, qu'on retrouve en Polynésie, venait sans doute de fort loin; car elle n'empêchait pas de croire que le double se dégageait diflicilement du cadavre; ce fut même, à ce qu'il semble, pour affranchir le double de ses attaches corporelles, qu'on recourut d'abord à la crémation*.

On avait grand'peur de ce double; et Ton évitait de révoquer en prononçant le nom des trépassés; les morts étaient < ceux qui furent, ceux qui s'en sont allés' ». Comme l'ont cru beaucoup de sauvages, les Romains pensaient que l'ombre restait quelques jours près de son corps*, et c'était sûrement la raison pour laquelle on tenait à manifester sa

i. Mai-c Nonnier. Pompéi et le$ Pompéien», 09. 2. Ibid. 104.

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