Ibid
errants, t des revenants* »• Aux Mânes, on offrait des fruits, du sel, des gâteaux, des violettes*. Les Lémures inspiraient moins de confiance; cependant on les appelait souvent c Mânes », mais c'était pour les flatter. A la fête des Lémurales, on se levait, la nuit, et l'on jetait derrière soi des fèves, en disant neuf fois, sans se retourner : « Avec ces fèves rachètemoi et les miens ». Les Ombres étaient censées ramasser les fèves. Pour finir, on disait aux Lémures : c Mânes paternels, soi^tez' ». Cela fait et dit, on pouvait se retourner, et il est permis de croire qu'on avait eu grand' peur!
Toutes les ombres ne restaient point sur la terre. Celles des justes s'en allaient souvent dans un séjour souterrain, dans les Champs-Elysées; mais la description, que nous en donne Virgile au VI' livre de ÏÊnéide rappelle si fort le fladès hellénique qu'il est inutile de s'y arrêter. Il faut noter cependant que les Ombres coupables n'étaient punies dans le monde souterrain que pour un temps. A l'expiration de leurs peines, elles buvaient de l'eau du Léthé, perdaient tout souvenir de leur vie passée et se réincarnaient sur la terre. — Dans tout cela, rien d'original, rien que, sous des formes diveises» nous n'ayons trouvé un peu partout chez tous les peuples, dans toutes les races. Les mythes divins n'accusent pas non plus une fécondité spéciale de l'imagination religieuse.
m. — LES DIEUX
Sauf des dissemblances de détail cl surtout de nom, le polythéisme romain est frère du polythéisme hellénique et. comme lui, il comprenait une multitude depeisonnages divins.