V. — LA MORALE nELIGIECSE A ROME
Dans le principe, la morale religieuse des Romains eut sans doute pour objet principal de garantir la stricte observation du culte. Sous Auguste encore, les oflenses, dont la religion exigeait surtout Texpiation, étaient celles qui avaient été commises contre les dieux eux-mêmes'; mais, de bonne heure, la religion romaine condamna divers actes nuisibles selon la morale laïque. Couper des grains, incendier un tas de blé, conduire des troupeaux dans un champ cultivé, c'était commettre un sacrilège envers Cérès et le coupable était attaché à l'arbre maudit, infelici arbori^. La vente d'une femmct d'un fils marié, les violences contre un pore, la violation de l'hospitalité, étaient des actes encourant l'ana- Ihème, quoique la loi ne les punit pas".
La religion était d'ailleurs intimement liée à la constitution même de l'État, et le roi commença par être le grand
i. Li?. IX, ut. XVI, 5.
s. Duruy. !ah:. cit. 450.