Du Roys. BUL du Dr. criminel
5. Tielc. Loe, cit. 338. — F. Coulanges. Clié antique, 291. — Duruy. Loc, cU.
prêtre de la cité en même temps que son chef militaire et son grand juge*. Le collège des pontifes jugeait les différends entre les magistrats, les particuliers et les prêtres'. Enfin, sans être les auteurs de la loi morale, les dieux la garantissaient'. Le crime offensait telle ou telle divinité et, dans le principe, presque toutes les sentences capitales étaient simplement des expiations résultant de la malédiction divine (Mommsen)\ Cette malédiction pesait non seulement sur le coupable, mais sur sa famille, môme sur le peuple tout entier"; car la colère divine ressemblait à la justice primitive, elle punissait volontiers en gros, collectivement, aussi regardait-on comme fort dangereux d^avoir des relations avec un homme non pas même maudit, mais simplement persécuté par le caprice des dieux. Cette manière de voir si sauvage était commune aux Romains primitifs et aux Hellènes. Ainsi nous voyons, dans YOdyssée^ Ulysse d'abord accueilli à bras ouverts par le roi Aiolos; mais ce prince si hospitalier le chasse ensuite impitoyablement, quand les vents l'ont rejeté sur la côte de Tile d'Aiolie : « Sors promptement de cette lie, ô le pire des vivants ! Il ne m'est pas permis de recueillir et de reconduire un homme, qui est odieux aux divinités heureuses. Va! car, certes, si tu es revenu, c'est que tu leur es odieux »*. Telles furent les croyances de la masse romaine; sans doute certains esprits d'élite s'en affranchirent, virent plus haut et plus juste; mais ils n'exercèrent sur la foule aucune influence notable.