Ibid
:^. G. Capus. Loc. cit. — Elphinstone. loc. cil. HI, 187-197.
horreur la chair de poisson, mais mangent volontiers celle de la vache et arrosent même leurs idoles avec le sang de cet animal*. Nous avons vu précédemment, que les Aryas védiques mangeaient aussi sans scrupule la chair des victimes sacrifiées, quelles qu'elles fussent.
II est difficile de ne pas reconnaître dans cette religion des Kàffirs, qui, depuis les temps les plus reculés, semblent avoir gardé jalousement leur indépendance sans se mêler avec leurs voisins, une survivance altérée mais très reconnaissable encore de la mythologie védique, laquelle a dû être, dans les temps préhistoriques, commune à toutes les tribus de l'Afghanistan. Même les tribus afghanes converties à Tlslamisme ont encore conservé bien des croyances primitives. Pour elles, les montagnes sont peuplées de génies; dans le désert, leur imagination a placé une espèce d'ogre, qui dévore les voyageurs et s'amuse à produire le mirage*. Ces barbares à demi musulmans pensent que, dans les cimetières, les doubles des morts sont assis sur leurs tombeaux, invisibles, mais humant avec joie la fumée de l'encens et les parfums des guirlandes de fleurs, aussi appellent-ils les cimetières
€ les villes des êtres silencieux^
Toutes ces populations sont encore « en état de crédulité » : elles croient qu'à la seule approche de leurs mollahs^ les murailles des villes s'écroulent, les épées s'émoussent, les balles rebroussent chemin vers ceux qui les ont lancées^; que les Anglais ont le pouvoir de ressusciter les morts, de fabriquer des béliers automates, qu'ils vendent ensuite, comme s'ils étaient vivants*^. La convei'sion des Afghans à l'Islamisme semble bien être une conversion de surface, comme elles le