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sont presque toutes. Ce qui a changé» c'est le nom des divinités, c est la forme du culte; mais le fonds animique des ancêtres revit toujours chez les descendants.
Ce fonds commun animique existe ou a existé chez tous les Aryens sauvages ou barbares. Quand on connaîtra mieux les clans et tribus du Caucase, on retrouvera certainement chez eux des croyances religieuses, analogues à celles des Kâffirs. Nous savons depuis longtemps que ces Caucasiens barbares ont des sacrificateurs, qui sont en même temps des devins; qu'ils ont en outre des sorciers et sorcières, lesquels, à la suite d'accès cataleptiques, disent avoir communiqué avec les ombres des morts ; que pour ces Aryens ou Iraniens, primitifs encore, le chien est un animal sacré*, etc. Toutes ces croyances grossières et sans originalité prouvent, une fois de plus, que, durant les phases premières de leur développement, les Aryens ne sont pas supérieurs aux races dites inférieures. Les Slaves anciens, les Finnois, les Germains et les Celtes, dont il me reste à exposer la mythologie, ne se sont jamais non plus élevés au-dessus d'un animisme rudimcntaire. Leurs religions ne sont pas plus intelligentes que celles des Peaux-Rouges et ne méritent pas qu'on s'y attarde longtemps.
m. — L ANIMISME DES SLAVES
Dans tous les principaux rameaux de la grande race slave, chez les Russes et Ruthènes (Petits Russes), les Polonais, les Vindes des rives de la Sprée, les Tchèques, les Serbes, les Bulgares, elc, la mythologie revêt une même forme.
La croyance aux doubles est générale. Après la mort, pensaient les Vindes, les ombres séjournaient quelque temps près du cadavre, puis partaient soit pour un séjour sou-
i. Klaproth. Hi$t. univ. voy, vôl. XLV, 444.
terrain, soit pour une ile orientale, une ile bienheureuse, soit pour le ciel*.
Conformément peut-être à ces croyances diverses à propos de Tau-delà, le mode des funérailles n'était pas uniforme. Tantôt on inhumait, tantôt on brûlait tes cadavres; tantôt on les mettait dans une barque. Mais toujours le défunt était auparavant muni de tout ce qui pouvait lui être nécessaire, même de femmes et d'esclaves, sacrifiés pour lui faire escorte. Après leur départ, les doubles restaient en relation avec les vivants, qui ordinairement en avaient grand'peur et s'efforçaient de les apaiser par des fêles et des sacrifices*. On prêtait au double du mort diverses formes; c'était tantôt une étincelle allumée par le dieu du tonnerre, tantôt une fumée, une ombre, un insecte, une colombe, une corneille, un coucou, etc.*
Outre les esprits des morts, il existait dans l'imagination des anciens Slaves tout un peuple d'esprits, de doubles des choses. Les Roussalkas à la chevelure verdàtre incarnaient toutes les qualités de l'eau, son éclat, sa profondeur, etc. Les bois avaient leurs génies, qui étaient en même temps les esprits des vents. L'hiver était représenté par un démon malveillant; les malades par de hideux vieillards des deux sexes'. Les maisons étaient hantées par des lutins bien intentionnés et protecteurs, mais à la condition d'être convenablement honorés^. En Kiovie, on adorait une déesse des fruits IKoupalo), un génie protecteur des troupeaux (Volo), un génie du beau temps (Pogodo). Le désir et l'amour {Lélo^ Poléko) avaient aussi été déifiés et personnifiés*^. Les principaux dieux étaient, pour la plupart, météorologiques
i. Tiele. Loc, cit, 355.