Avesla de Harlez [Introduction
€ dieu aux vastes pâturages », a été créé par Ormuzd, qui le déclare aussi digne d'être honoré que lui-même. Mithra a dix mille oreilles, dix mille yeux. Que personnifie-t-il? Est-ce l'aurore, la lumière, le soleil? On peut choisir, et il semble bien que l'on y ait vu tout cela : « Nous honorons Mithra, qui, le pi*emier des yazatas célestes, pointe au-dessus du mont Hara, avant le Soleil aux chevaux rapides, qui, le premier, ayant l'apparence de l'or, saisit les beaux sommets*, etc. ». Comme le Soleil, Mithra traverse le ciel sur un char « aux roues élevées », traîné par des chevaux éclatants, saints, intelligents. Les longs bras de Mithra saisissent ce qui est à lorîent de l'Indus et ce qui est à l'occident. Mithra est fort, sage, pur. Ses bras robustes frappent les démons à la tête; il est la terreur des coupables; il a, pour corps, les saints préceptes. Ormuzd lui-même lui offre des sacrifices dans le paradis brillant. Mithra est aussi un dieu pluvial; il lance les eaux sur la terre. On le prie, on l'honore, mais à la manière védique, sans aucun désintéressement : « 0 puissant Mithra ! puisque nous t'honorons, accorde-nous la richesse, la force, la victoire, la prospérité, l'état de pureté, le bien-être de l'âme, la grandeur, la science de la sainteté*, etc. »
On sait quelle fortune les Romains fii*ent au culte de Mithra. Ce dieu persan eut des adorateurs dans tout l'empire* Commode immola, dit-on, un homme à Mithra; Julien luimême favorisa le culte mithriaque. On trouve des restes d'autels'à Mithra non seulement en Orient, mais un peu dans tout notre Occident. Mithra est un dieu triple; il est le conducteur des âmes; sur sa tête, il porte le soleil de vérité; dans sa main, la massue d'or; il immole le taureau, qui est, sans doute, comme nous le verrons bientôt, le taureau zodiacal, etc., etc. Il est hors de doute que l'idée, le culte et les mys-