‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 535 sur 555 · Avesla · texte numérisé non relu

Avesla

tout de la religion du Christ, qui pourtant lui a fait énormément d'emprunts, comme nous allons le voir.

B. — LE CHRISTIANISME 1. — SON DÉFAUT d'oRIOINALITÉ

Pendant des siècles et des siècles, les laïques et les clercs ont, à Fenvi, glorifié le Christianisme; toule voix assez osée pour formuler une critique était vite étouffée; car, aussi longtemps qu'il a été le maître absolu, le Christianisme s'est appliqué à reculer les limites de l'intolérance. Seule, l'apologie était permise ; aussi a-t-elle été faite et refaite par des milliers d'écrivains. Depuis un peu plus d'un siècle, l'esprit philosophique, enfin débâillonné, a pris sa revanche. En face des défenseurs de la foi, on a vu surgir une troupe, toujours plus nombreuse, d'adversaires, de détracteurs et de critiques. Aujourd'hui le procès est instruit, la cause est entendue, la raison et la science ont rendu leur verdict. Il serait donc hors de propos dans ces rapides études de fairo du Christianisme une exposition détaillée; mais cette religion a joué et joue encore dans le monde un rôle trop important pour qu'on la puisse passer sous silence. J'examinerai donc brièvement la religion de Jésus, en appuyant de préférence sur les poinis oubliés ou peu connus de son évolution et de ses doctrines.

De même que je n'ai point jugé le Bouddhisme d'après sa forme dégénérée, le Lamaïsme, je m'attacherai surtout au Christianisme primitif; je l'apprécierai, non pas d'après ce qu'il est devenu pratiquement en s'assiinilant les croyances les plus grossières, sans en excepter le fétichisme le plus primitif, mais d'après ses livres sacrés.

54i L^ÉVOLUTION RELIGIEUSE.

Rien de moins original que le Christianisme; il est fait de pièces et de morceaux. La religion de la Croix n'a pas même inventé son symbole. Nous avons vu que les Touareg usent et abusent de ce signe, qui était aussi vénéré en Egypte, en Assyrie, dans Tlnde, chez les Scythes, etc., comme emblème du soleil; tous les dogmes chrétiens sont d'emprunt. Le dieu trinet un, dont certainement Jésus n'a jamais eu ridée*, est calqué sur les triades égyptiennes et les trinités indiennes. La croyance à la parthénogenèse mythologique, à rincarnation sans union sexuelle, est commune à nombre de religions, même aux religions de peuples fort sauvages ; le Christianisme Ta pu fort aisément emprunter à la mythologie de rinde. L'idée de rédempteurs émanant d'un dieu ou de l'esprit universel pour venir, sous une forme humaine; réformer le monde, est le dogme fondamental de la religion bouddhique, et nous venons de la retrouver dans le Mazdéisme. Le système d'une rétribution après la mort, d'un paradis et d'un enfer, appartient à toutes les religions des peuples à peu près sortis de la sauvagerie. L'ascétisme se retrouve dans des religions même très inférieures et il s'est développé dans les grandes religions de l'Inde à un degré si excessif, que le Christianisme n'a pas réussi à l'égaler.

Dans la morale d*humilité et de renoncement, le Bouddhisme est allé aussi bien plus loin que la religion du Christ; et, d'autre part, il a étendu la charité humanitaire jusqu'au monde animal. Enfin on a démontré, avec preuves surabondantes', que les philosophes et les écrivains de l'antiquité gréco-romaine n'avaient pas attendu la naissance et la diffusion du Christianisme pour exprimer les larges sentiments

1. J. Yinson. Religtom actuelUi^ 587. — G. de Mortillct. Le tigne de la croix avant le Chriitianiêtne.

*i. E. llavet. Origines au Chrislianisme. (Entre autres.)

d'égalitts de fralernité, elc, dont, une fois dégagée du Judaïsme, la religion du Christ s'est fait comme une parure. On sait d'ailleurs que le Christianisme n'eut, dans le principe, aucune visée d'universalité, de catholicité. Sans les chrélicnf grecs, la nouvelle religion, éclosc en Judée, se serait sans doute éteinte dans son berceau. L'Évangile lui-même déclare que Christ, littéralement « l'oint » (xpioroç), l'oint du Seigneur, le prophète, ne pensait nullement aux Gentils : « Je n'ai été envoyé qu'aux brebis de la maison d'Israël, qui sont perdues* ». < Ne donnez point les choses saintes a\i\ chiens et ne jetez point les perles aux pourceaux. « (Matthieu, VU, 6.) « N'allez point chez les gentils et n'entrez dans aucune des villes des Samaritains. > (Matthieu, X, 5.) Je me bornerai donc à rapprocher le Christianisme des autres religions, à le rattacher à ses origines premières et à dire quelques mots de sa morale.

n. — l'animisme chrétien

Les Évangiles sont remplis de faits que, dans les autres religions, les mythologues ont l'habitude de rattachera l'ani misme, au spiritisme, à la magie. Ainsi les mages persans venant adorer l'enfant divin, sont guidés par une étoile intclli gente, qui les précède et s'arrête juste au-dessus de Nazareth* Quand Jésus-Christ expire sur la croix, la terre s'en émeut elle tremble; les pierres sont si profondément touchées qu'elles se fendent; les sépulcres s'ouvrent et les corps des saints ressuscitent'. Si bon lui semble, Jésus commande aux vents et aux flots, qui docilement lui obéissent\ Sur une montagne, en présence de Pierre, Jacques, Jean et son frère

i. Matthieu, XVI, 22-24.

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